Covid-19 : faut-il prolonger les vacances de la Toussaint pour lutter contre l'épidémie ?

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A Moscou, en Irlande du Nord et en Belgique francophone, les élèves profitent de vacances de la Toussaint prolongées de plusieurs jours.

Les écoles avant tout. C’est la stratégie affichée par de nombreux pays face au Covid-19, privilégier l’éducation, quitte à fermer d’autres secteurs. Ainsi, l’Irlande, premier pays de l’UE à reconfiner sa population, a décidé de laisser les écoles ouvertes durant ces six semaines de confinement, où tous les commerces non-essentiels vont fermer.

Mais certains pays ont décidé de fermer les écoles, en prolongeant les vacances de la Toussaint. L’Irlande du Nord a décidé de prolonger de deux semaines ces vacances d’automne, et donc de fermer les écoles durant deux semaines supplémentaires. Initialement, ces vacances d’Halloween devaient durer 4 jours, du 29 octobre au 1er novembre. Elles ont été avancées et ont débuté dès le 19 octobre.

Une fermeture plus longue exclue

Un “compromis” au sein du gouvernement nord-irlandais, alors qu’une nouvelle décision doit être prise à l’issue de ces deux semaines. Si le ministre de l'Éducation, Peter Weir, s'est engagé à s'opposer à toute prolongation de cette fermeture, le tabou de la fermeture des écoles est tombé.

Conor Murphy, du Sinn Féin, parti de l’opposition, a déclaré que son parti aurait été prêt à soutenir une fermeture plus longue, mais ils étaient "satisfaits" de la décision, rapporte la BBC. La fermeture des écoles s’y accompagne de plusieurs restrictions comme la fermeture des pubs et restaurants, ou encore l’interdiction des rassemblements de plus de 15 personnes.

Plus de vacances pour “casser la propagation du virus au sein des écoles”

Même mesure en Belgique francophone, où la Wallonie et Bruxelles ont prolongé les vacances de la Toussaint de plusieurs jours. Initialement prévues du 2 au 6 novembre, elles sont prolongées au 11 novembre inclus.

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Objectif annoncé par les autorités : “casser la propagation du virus au sein des écoles” et vu “l’état de fatigue des directions, des enseignants et des autres membres du personnel”, selon un communiqué de la ministre de l’Education Caroline Désir.

Moscou conseille des “vacances à la maison”

Deux pays qui ont suivi la mesure prise à Moscou, fin septembre dernier. Le maire de Moscou Sergueï Sobianine a décidé de prolonger d’une semaine les vacances scolaires pour endiguer la propagation de coronavirus, qui ont eu lieu du 5 au 18 octobre.

Une décision prise "pour éviter des contacts de trop et ne pas exposer les enfants aux risques des maladies", accompagnée d’un conseil : "Le mieux, ce serait de passer ces vacances à la maison ou dans sa résidence secondaire", a estimé le maire de Moscou, en appelant les écoliers à éviter les centres commerciaux et à privilégier pour les balades la cour de leur immeuble ou le parc le plus proche.

Une mesure qui aurait un “impact marginal voire nul” en France

Deux initiatives qui semblent isolées au niveau européen. En France, les élèves doivent reprendre le chemin de l’école le 2 novembre, après deux semaines de coupure. “En médecine générale, lors des épidémies de grippe ou de gastro, on observe souvent une chute importante des contaminations lors des vacances scolaires”, nous explique Yvon Le Flohic, médecin généraliste co-auteur de plusieurs tribunes depuis le début de l’épidémie.

Pour autant, explique celui qui exerce dans les Côtes-d’Armor, prolonger les vacances scolaires en France n’aurait qu’un “impact marginal voire nul. C’est comme construire une digue au milieu d’une rivière, l’eau l’a contournerait. Là, le virus continuerait à se propager massivement en dehors de l’école, car la diffusion communautaire est trop importante”, estime celui qui prônait le port des masques en lieu clos dès le mois de mai dernier.

Imposer le masque dès 6 ans avant de fermer une école

Pour le médecin généraliste, avant d’en venir à une mesure aussi radicale que celle prise en Irlande du Nord ou en Belgique francophone, il existe des mesures intermédiaires. “On peut penser à des demi-groupes ou à rendre le port du masque obligatoire dès 6 ans avant de fermer les écoles”, ajoute le médecin généraliste, co-auteur d’une tribune dans Le Parisien dans laquelle il prônait notamment le masque chez les plus jeunes pour la rentrée scolaire.

Quelle que soit la mesure qui pourrait être prise pour les écoles, rappelle Yvon Le Flohic, “face à cette épidémie, il n’y a pas de mesure parfaite à 100%, mais une somme de mesures imparfaites qui seront efficaces face à l’épidémie”.

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