Coronavirus: Le Brésil franchit les 6 millions de cas, une deuxième vague se précise

par Pedro Fonseca
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CORONAVIRUS: LE BRÉSIL FRANCHIT LES 6 MILLIONS DE CAS, UNE DEUXIÈME VAGUE SE PRÉCISE
CORONAVIRUS: LE BRÉSIL FRANCHIT LES 6 MILLIONS DE CAS, UNE DEUXIÈME VAGUE SE PRÉCISE

par Pedro Fonseca

BRASILIA (Reuters) - Le Brésil a franchi vendredi le cap des six millions de cas confirmés de contamination par le nouveau coronavirus, a annoncé le ministère de la Santé, alors que la crainte d'une deuxième vague épidémique grandit dans le pays.

Seuls les Etats-Unis et l'Inde avaient jusqu'à présent dépassé ce seuil des six millions de cas confirmés.

Avec quasiment 170.000 morts, le Brésil affiche le deuxième bilan le plus élevé au monde derrière les Etats-Unis, où il dépasse les 250.000 décès.

Après trois mois de baisse depuis un pic atteint fin juillet, le nombre quotidien de contaminations augmente à nouveau au Brésil.

Dans les grandes villes, la vie est redevenue ces dernières semaines quasiment ce qu'elle était avant l'épidémie, avec des bars, des restaurants et des commerces remplis de clients, qui ne portent souvent pas de masque.

A Rio de Janeiro et Sao Paulo, cela s'est traduit ces derniers jours par un bond des admissions à l'hôpital de patients atteints du COVID-19.

Cette semaine, 90% des lits de réanimation étaient occupés à Rio, selon les données des autorités sanitaires de la ville, tandis que Sao Paulo a fait état d'une hausse de 18% des personnes hospitalisées, ce qui l'a amenée à interrompre le démantèlement de certaines unités de soins intensifs.

Après un pic à un peu plus de 69.000 contaminations et environ 1.600 morts le 29 juillet, l'épidémie semblait en partie maîtrisée fin octobre au Brésil avec des moyennes de 20.000 cas et 425 décès par jour.

Mais cette semaine, jusqu'à jeudi, la moyenne quotidienne des infections était remontée à 26.500 et celle des morts à 480.

"Le signe le plus important, c'est que la moyenne glissante des cas s'est retournée au cours des deux dernières semaines", a dit Marcelo Gomes, chercheur en santé publique au centre biomédical Fiocruz.

Pour Roberto Medronho, épidémiologiste à l'université fédérale de Rio de Janeiro, "nous sommes maintenant face au risque d'une deuxième vague sans même être sortis de la première".

A ses yeux, les autorités fédérales comme locales sont trop passives.

L'Etat de Sao Paulo a annoncé cette semaine qu'il instaurerait des mesures, sans préciser lesquelles, pour les fêtes de fin d'année mais qu'il excluait un nouveau confinement.

"Nous ne sommes définitivement pas prêts", a dit Roberto Medronho.

(Avec Jake Spring; version française Bertrand Boucey)