COP26 : pourquoi la présence de Jeff Bezos passe mal auprès des militants écologistes

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Jeff Bezos à Glasgow pour la COP26 / Getty Images
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Le patron d'Amazon a prononcé un discours à Glasgow et s'est engagé à verser 1 milliard à un fond de reforestation. Mais sa présence a du mal à passer auprès des militants écologistes.

Bill Gates, fondateur de Microsoft, le prince Charles, l'acteur Leonardo DiCaprio... De nombreuses personnalités sont à Glasgow à l'occasion de la COP26. Mais, la présence de l'une d'entre elles a du mal à passer auprès des militants écologistes : celle de Jeff Bezos, patron d'Amazon.

Comme de nombreuses autres personnalités, Jeff Bezos est arrivé en Écosse avec son propre jet privé. On estime d'ailleurs que 400 jets ont été affrétés pour acheminer les participants sur les lieux de la COP26. De quoi susciter de nombreuses réprimandes, alors que les COP visent à réunir chaque année des États influents du monde en vue de réguler l’augmentation du gaz à effet de serre causée par l’homme, et ce, afin de limiter les dérèglements dangereux du climat. Mais ce n'est pas le coeur des critiques qui visent la présence du fondateur d'Amazon à la COP26.

"Le symbole du dysfonctionnement des COP"

"Amazon est l'une des entreprises les plus polluantes de la planète. La présence de Jeff Bezos aux côtés d'Emmanuel Macron, c'est le symbole le plus marquant de tout ce qui ne fonctionne dans le système de COP, qui fixe des objectifs à l'horizon 2050 sans se soucier des objectifs fixés pour 2030. En fixant des objectifs de neutralité carbone à 2040, Amazon fait pareil", déplore Alma Dufour, chargée de campagne au sein de l'association Les amis de la Terre.

Car l'entreprise est fréquemment pointée du doigt pour ses émissions de carbone, notamment en raison des livraisons rapides et des destructions d'invendus. Selon les chiffres fournis par Amazon, l'entreprise émet 60 millions de tonnes équivalent CO2 par an, soit l’équivalent de ce qu'émet la Bolivie.

Un vol dans l'espace ultra-polluant

Jeff Bezos, c'est aussi l'un des rares Hommes à avoir fait du tourisme spatial. Un vol de 10 minutes de quatre personnes qui émet 300 tonnes de CO2, soit 75 tonnes par personne. L'équivalent des émissions de CO2 de 30 Français pendant un an. Autre chiffre éloquent : sur Terre il y a un milliard de personnes qui n'atteignent pas ces niveaux d'émissions sur une vie entière.

Un contraste avec sa présence à la COP26 qui n'a pas échappé à Théo Miloche, membre du collectif de jeunes "Pour un réveil écologique".

"À l'heure du changement climatique, ce n'est clairement pas le moment de lancer une activité qui va accroître certaines émissions", regrette la chercheuse finlandaise Annette Toivonen, auteure de "Tourisme spatial durable" à l'AFP.

"Planter des arbres, c'est se dédouaner de ses responsabilités"

Durant son discours à la COP26, Jeff Bezos a promis d'allouer un milliard de dollars au profit de la Grande Muraille Verte, un projet de reforestation d'une vaste bande de terre qui traverse 11 pays africains. "C'est bien de planter des arbres, mais c'est une manière pour les multinationales de se dédouaner de leurs responsabilités en ne réduisant pas leur émissions mais en compensant en plantant des arbres; sauf qu'on sait que scientifiquement, cela ne suffit pas".

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Plusieurs scientifiques affirment que la seule compensation ne suffit pas, notamment car un arbre met 10 ans à absorber environ 100kg de CO2. "Pour absorber les 51,17 millions de tonnes de CO2 qu’Amazon considère être ses émissions annuelles, elle devrait planter 510 millions d’arbres, qui n’absorberaient ces émissions… dans 10 ans!", rappelle l'association Les Amis de La Terre dans un communiqué.

Des multinationales plus puissantes que des États ?

“Compenser ne doit arriver qu'en dernier recours : Il faut d'abord éviter les émissions, puis, soit par la technologie ou les changements de pratiques, les réduire”, estime Alain Karsenty, économiste et chercheur au Cirad, dans La Tribune.

L'an dernier, Amazon a augmenté ses émissions de gaz à effet de serre de 19%, alors même qu'elle vise la neutralité carbone en 2040. "D'un côté Amazon met de l'argent dans la reforestation et donne l'impression d'agir, mais en même temps, l'entreprise émet davantage de gaz à effet de serre via son développement, c'est du greenwashing", reproche Alma Dufour, qui déplore que les COP fassent "la part belle aux multinationales, dont on n'encadre pas les émissions alors qu'on encadre celle des États. Les pays abdiquent face à la puissance des multinationales qui deviennent plus puissances que certains États".

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