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Contre Poutine et en hommage à Navalny: à midi en Russie, des électeurs se sont rassemblés dans les bureaux de vote

Dans un bureau de vote de Moscou, à côté du cimetière où est enterré l'opposant Alexeï Navalny, à midi ce dimanche 17 mars, BFMTV a observé une hausse de la fréquentation.

Et lorsqu'on demande à toutes ces personnes si elles sont venues pour une bonne raison, toutes répondent à l'affirmative, avec un sourire dans l'œil. Des électeurs qui avaient déjà voté, le matin même ou les jours précédents, sont même revenus à midi pour manifester par leur présence.

Car midi, c'est l'heure à laquelle l'opposition civile appelait à venir honorer la mémoire d'Alexeï Navalny et dénoncer une présidentielle sur mesure pour Vladimir Poutine.

"Une résistance muette"

Ce dimanche marque le dernier jour du scrutin destiné à réélire triomphalement Vladimir Poutine, en l'absence de toute opposition et en plein assaut contre l'Ukraine. La veuve d'Alexeï Navalny, Ioulia Navalnaïa, a repris l'appel "Midi contre Poutine", en déclarant:

"Il s'agit d'une action très simple et sûre, qui ne peut être interdite et qui permettra à des millions de personnes de voir des gens partageant les mêmes idées et de se rendre compte qu'elles ne sont pas seules".

Comme l'explique sur BFMTV Nadezda Kutepova, réfugiée politique russe, "le sentiment principal qui règne en Russie c'est la peur". Elle raconte que les gens ont peur de parler entre eux et beaucoup n'ont même pas évoqué l'idée d'aller voter ce dimanche à midi, par peur d'être dénoncé.

"En voyant d'autres personnes venir à midi, les gens sentent une solidarité, un espoir: ça donne le sentiment qu'on peut résister, c'est une résistance muette", affirme-t-elle.

"Je ne suis pas seule"

Il n'y a pas eu de décompte indépendant du nombre d'électeurs russes qui se sont rendus aux urnes à midi pour manifester leur opposition à Vladimir Poutine, dans un contexte de sécurité extrêmement stricte impliquant des dizaines de milliers de policiers et de membres des forces de l'ordre.

Les journalistes de Reuters et de l'AFP ont constaté une légère augmentation du nombre d'électeurs, en particulier des jeunes, à midi dans certains bureaux de vote de Moscou, de Saint-Pétersbourg et d'Ekaterinbourg, avec des files d'attente de plusieurs centaines de personnes.

"Il n'y a pas tant de monde que ça, mais ça reste un bon résultat", juge Léonid Pakhine, un étudiant de 18 ans venu pour l'occasion dans un bureau de Moscou.

"Je n'avais pas d'attente particulière, je suis juste content que des gens soient venus".

Dans un autre quartier de la capitale, Olga, 52 ans, se disait satisfaite de cette forme d'action de protestation car elle a pu rencontrer des gens qui, comme elle, ne veulent plus du régime en place, celui de Vladimir Poutine.

"J'ai pu rencontrer quelques personnes, leur parler, et j'ai senti qu'ils pensaient la même chose que moi. Je ne suis pas seule", a-t-elle dit, avant de partir avec son fils pour se recueillir sur la tombe d'Alexeï Navalny, inhumé dans le quartier.

De son côté, le Parquet moscovite avait mis en garde ce jeudi les Russes contre toute action de protestation pendant la présidentielle. "L'organisation et la participation à ces événements de masse sont punissables en vertu de la législation en vigueur", avait-t-il indiqué, référence aux rassemblements proposés par Ioulia Navalnaïa.

Article original publié sur BFMTV.com