Contrôler le port du voile via la reconnaissance faciale ? Un projet fait polémique en Iran

PHOTO / STRINGER / AFP

Un projet dévoilé par la presse iranienne envisage d’utiliser le réseau de caméras de surveillance, notamment celles déployées dans le métro de Téhéran, combiné à la technologie de reconnaissance faciale, pour repérer et sanctionner les femmes contrevenant à la loi sur le port du voile. À peine annoncée cette proposition a déjà du plomb dans l’aile.

Depuis la révolution islamique de 1979 en Iran, la loi impose aux femmes un hijab couvrant la tête et le cou tout en dissimulant les cheveux. Mais ces deux dernières décennies, de nombreuses femmes ont bravé cet interdit en portant le voile de manière à laisser apparaître une partie de leur chevelure, ou parfois en le retirant.

Derniers exemples en date, le 12 juillet dernier à l’occasion de la Journée nationale du hijab et de la chasteté.

Depuis, les autorités iraniennes cherchent à serrer la vis sur l’application de la loi imposant aux femmes le port du voile musulman.

Ces derniers jours, plusieurs médias, dont le journal réformateur Arman Emrouz, ont évoqué l’existence d’un projet envisageant de sanctionner par une amende les femmes ne portant pas le hijab à l’aide de la technologie de reconnaissance faciale au moyen de caméras installés dans les lieux publics comme le métro.

Projet polémique

Ces mêmes médias ne précisent pas la nature exacte du projet ni qui en est à l’origine, mais relaient les récents propos du secrétaire de l’organisation de la promotion de la vertu et le rejet du vice, affiliée à l’État, Mohammad Saleh Hashemi Golpaygani. “Aujourd’hui, la technologie est tellement avancée qu’elle peut reconnaître les gens à partir de leurs images dans les caméras”, a-t-il déclaré. Et d’ajouter que “les caméras dans la ville, notamment dans le métro, prendront des photos des femmes, et une amende […] leur sera envoyé à leur domicile.”

Selon les informations publiées sur les réseaux sociaux, l’amende pour ne pas porter le foulard serait de 300 000 tomans [12 dollars]. D’autres amendes sont prévues pour d’autres infractions. Ainsi, pour un manteau court, elle serait de 150 000 tomans, et pour un maquillage trop appuyé, elle s’élèverait à 85 000 tomans.

Les propos de Golpayegani ont suscité la polémique dans le pays. Ancien vice-président réformateur, Mohammad Ali Abtahi a “supplié Dieu que les talibans en Afghanistan ne voient pas l’interview, car ils apprendraient de nouvelles manières” d’imposer plus de restrictions aux femmes. De son côté, le journaliste réformateur Abbas Abdi s’est moqué du plan, le décrivant avec ironie comme “une initiative bien rentable pour sortir l’État de sa dépendance au pétrole”.

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