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La consommation de certains additifs alimentaires augmente le risque de cancers, selon une étude

Après les risques de maladies cardiovasculaires, des risques de cancers? Les émulsifiants, additifs alimentaires les plus fréquemment utilisés, sont pointés du doigt par une nouvelle étude, qui souligne leur dangerosité.

Menée par des chercheurs français, notamment de l'Inserm, cette étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue scientifique PLOS Medicine, est basée sur "les données de santé de 92.000 adultes participant à l'étude de cohorte française NutriNet-Santé, en évaluant spécifiquement leur consommation de ce type d'additifs alimentaires", entre 2009 et 2021.

D'après leurs conclusions, un lien a été fait entre "l'ingestion de certains additifs émulsifiants et un risque accru de cancers, en particulier du sein et de la prostate". Comme le rappellent les chercheurs, en Europe et Amérique du Nord, "30 à 60 % de l’apport énergétique alimentaire des adultes provient d'aliments ultra-transformés".

2.604 cancers diagnostiqués

Or, "de plus en plus d’études épidémiologiques suggèrent un lien entre une consommation élevée d’aliments ultra-transformés et un risque accru d’obésité, de maladies cardiométaboliques et de certains cancers", pointent les scientifiques.

Concernant les émulsifiants, ces additifs "pourraient perturber le microbiote intestinal et augmenter le risque d’inflammation, pouvant potentiellement favoriser la survenue de certains cancers".

Les participants à l'étude ont ainsi renseigné tous les aliments et boissons consommés et leur marque, "sur au moins 3 journées d’enregistrements alimentaires, avec la possibilité de réactualiser leurs données de consommation tous les 6 mois". Parmi eux, "2.604 cas" de cancers ont été diagnostiqués.

Les chercheurs ont constaté que ceux qui consommaient fortement l'additif E471 (monoglycérides et diglycérides d’acides gras) avaient 15% de risque en plus que les plus faibles consommateurs de développer un cancer - une augmentation de 24 % du risque pour les cancers du sein, 46% pour les cancers de la prostate. Les femmes "ayant des apports plus élevés en carraghénanes (E407 et E407a)" avaient, elles, 32% de plus de risque de développer des cancers du sein, par rapport aux consommateurs ayant des apports plus faibles.

"Mieux protéger les consommateurs"

Les auteurs de l'étude soulignent toutefois certaines limites à cette étude, notamment "la proportion élevée de femmes, le niveau d’éducation plus élevé en moyenne et les comportements globalement plus soucieux de la santé parmi les participants à l’étude NutriNet-Santé par rapport à la population française en général, qui peuvent limiter la généralisation des résultats".

Mais, comme le soulignent les chercheurs, "l’échantillon de l’étude était de grande ampleur" et les "résultats sont restés inchangés après de multiples analyses de sensibilité, renforçant ainsi leur robustesse".

"Si ces résultats doivent être reproduits dans d’autres études à travers le monde, ils apportent de nouvelles connaissances clés au débat sur la réévaluation de la réglementation relative à l’utilisation des additifs dans l’industrie alimentaire, afin de mieux protéger les consommateurs", expliquent Mathilde Touvier, directrice de recherche à l’Inserm, et Bernard Srour, professeur junior à INRAE, principaux auteurs de l’étude.

Article original publié sur BFMTV.com