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Colère des agriculteurs: ce que l'on sait de l'accident mortel survenu sur un barrage

Un drame a eu lieu en marge de la mobilisation des agriculteurs, en colère contre la hausse des taxes et l'accumulation de normes ce mardi 23 janvier. Une mère de famille et sa fille ont perdu la vie après un grave accident survenu à Pamiers, en Ariège, au niveau d'un barrage d'agriculteurs.

• Trois personnes renversées par une voiture

L'accident s'est produit à 5h45 sur la N20 en Ariège (Occitanie) à hauteur du pont de la RD 119 à Pamiers, a précisé la préfecture. Soit au niveau d'un des points de blocage tenus par les agriculteurs. Un véhicule a emprunté "la route nationale 20, malgré le dispositif mis en place pour en interdire l’accès", précise un communiqué du procureur de la République diffusé en fin de matinée.

Le véhicule, qui circulait sur la double voie, a percuté "en pleine nuit, et sans éclairage public à proximité, un mur de bottes de paille, érigé sur toute la hauteur jusqu’au pont" et "recouvert d’une grande bâche noire".

Derrière ce mur de paille, "des manifestants se restauraient" sous un barnum, dont une agricultrice, son mari, et sa fille de 12 ans, que le véhicule a percutés. Il a fini sa course "contre la remorque d’un tracteur".

"Visuellement, il y a aucun doute, la personne savait qu’elle allait sur un axe interdit", a déclaré le préfet de l’Ariège, Simon Bertoux, lors d'une conférence de presse. Il a rappelé que le "barrage était sécurisé" et que "tout avait été mis en place de manière professionnelle pour fermer l'accès de la deux fois deux voies".

• Deux morts et un blessé grave

La mère de famille, âgée d'une trentaine d'années, est morte sur place des suites de ses blessures. Elle était éleveuse de vaches limousines et productrice de maïs semence dans le village de Saint-Felix-de-Tournegat, à quelques kilomètres de Pamiers.

Sa fille de 12 ans, grièvement blessée dans l'accident, a été héliportée au centre hospitalier de Toulouse. "Elle est décédée des suites de ses blessures peu après 19 heures", a regretté le parquet de Foix dans un communiqué à 21h45

Ce même parquet avait une première fois annoncé sa mort en fin de matinée, avant de rectifier en précisant qu'elle se trouvait toujours "dans un état critique". Le parquet a déclaré à l'AFP avoir communiqué le décès sur la foi d'une "information erronée".

Le mari "grièvement blessé" a été conduit à l’hôpital et placé en soins intensifs. Selon les dernières informations en ce milieu d'après-midi, ses jours ne sont toutefois plus en danger. Il a des hématomes et une blessure au bassin.

Sur place, 35 sapeurs-pompiers, 13 policiers et 20 gendarmes ont été mobilisés et une cellule de soutien psychologique a été mise en place.

Le blocage sur la N20 a été levé et les agriculteurs de l'Ariège "verront quelle suite ils donnent" à la mobilisation "par respect pour la famille".

Le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a exprimé sur X (ex-Twitter) ses pensées à l'agricultrice mais également "à son conjoint et à sa fille qui luttent encore pour leur vie" affirmant qu'il s'agit "d'un drame pour nous tous".

Ce dernier a prévu de se rendre dans l'Ariège dans la journée, a appris BFMTV de son entourage.

• Les occupants du véhicule interpellés

À bord de la voiture impliquée dans l'accident, en provenance de Toulouse et se dirigeant vers l'Andorre, se trouvaient trois personnes: le conducteur de 44 ans, sa femme et une de leurs amies en tant que passagères.

Ils ont été arrêtés quelques minutes après l'accident mortel et placés en garde à vue, a-t-on appris auprès du parquet de Foix. Ils seront "entendus très rapidement".

Le conducteur est inconnu des services de police et ses tests d'alcoolémie et stupéfiants sont négatifs.

Ces trois personnes sont de nationalité arménienne, a indiqué le préfet de l'Ariège Simon Bertoux à la presse. Et étaient visées par une OQTF selon des informations du Parisien confirmées par BFMTV.

Elles avaient déposé une demande d'asile en 2022 qui avait été refusée. Malgré leurs multiples recours, elles ont été déboutées une nouvelle fois en 2023 et se sont vu signifier une OQTF. Ces personnes n’étaient pas connues pour troubles à l’ordre public et avaient un casier judiciaire vierge, apprend une source proche de l'enquête à BFMTV.

• La piste de l'accident privilégiée, une enquête ouverte

Les premiers éléments de l'enquête indiquent que la piste de l'accident est privilégiée. La mère de famille, son mari et leur fille, n'auraient pas été percutés volontairement par la voiture.

"Au regard des tout premiers éléments de l’enquête, qui débute à peine, les faits en cause ne paraissent pas revêtir un caractère intentionnel", affirme le procureur.

Une enquête judiciaire, confiée au commissariat de Pamiers, a été ouverte en flagrance des chefs d’homicide involontaire aggravé et de blessures aggravées.

Des chefs aggravés par "le manquement a une obligation de prudence ou de sécurité", soit d'avoir roulé sur un axe routier dont l'accès était interdit, nous rapporte une source judiciaire.

Article original publié sur BFMTV.com