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La civilisation oubliée de l'Upano

Le survol d'une zone de jungle au sud de l'Équateur a livré, grâce à la technologie du lidar, le plus vaste réseau urbain de la région amazonienne : cinq villes, dix villages, répartis sur 300 km2. Mais cette civilisation n'a laissé aucune trace écrite. Un défi pour les archéologues qui reconnaissent cette culture grâce aux céramiques fabriquées avec la cendre volcanique de la région.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°926, daté avril 2024.

Ce n'est pas encore la mythique cité d'or d'El Dorado, mais la canopée de la forêt de l'Équateur vient de livrer un trésor exceptionnel : le plus gros et le plus ancien réseau urbain de la région amazonienne. Cette découverte, qui a fait la une de la revue Science le 11 janvier 2024, est l'accomplissement de nombreuses années de recherches pour l'archéologue français Stéphen Rostain, directeur de recherche CNRS au laboratoire des Amériques de l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

Truelle en main, il a consacré toute sa carrière à mettre au jour les archives des sols amazoniens. Mais il ne s'est jamais autorisé à rêver un tel paysage : cinq villes, dix villages, soit plus de 6000 monticules rectangulaires sur une étendue de 300 kilomètres carrés - une surface équivalente à celle des métropoles de Marseille et Lyon réunies. Avec d'autres chercheurs, il confirme enfin l'intuition du navigateur et explorateur espagnol du 16e siècle, Francisco de Orellana, qui décrivait l'existence de grandes villes fortifiées le long des rivages de l'Amazonie où les gens pratiquaient l'agriculture. Baptisée du nom de la rivière Upano, cette civilisation n'a laissé aucune trace écrite. Les archéologues reconnaissent cette culture grâce aux céramiques fabriquées avec la cendre volcanique de la région et décorées de motifs géométriques peints. Leur provenance ethnique et géographique demeure une question sans réponse.

L\'archéologue Stéphen Rostain sonde les sols amazoniens depuis trente ans (ici lors de la découverte d\'une jarre en céramique dans la vallée de l\'Upano).
L\'archéologue Stéphen Rostain sonde les sols amazoniens depuis trente ans (ici lors de la découverte d\'une jarre en céramique dans la vallée de l\'Upano).

L'archéologue Stéphen Rostain sonde les sols amazoniens depuis trente ans (ici lors de la découverte d'une jarre en céramique dans la vallée de l'Upano). Crédit : STÉPHEN ROSTAIN

Jusqu'alors, l'archéologue imaginait que la végétation de la vallée de l'Upano, sur le piémont oriental de la cordillère des Andes, ne cachait qu'une centaine de structures archéologiques éparses dont l'occupation remontait à 500 avant J.-C. Il aura fallu de nombreuses années de recherches pour obtenir la [...]

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