La chanteuse Nai Barghouti, énième artiste palestinienne refoulée d’Égypte

PHOTO BORIS HORVAT/AFP

La musicienne palestinienne Nai Barghouti a été bloquée à l’aéroport du Caire et a dû annuler les deux concerts qu’elle devait donner à l’Opéra du Caire, le 4 août, et à Alexandrie, le 6 août. “J’ai été interdite d’entrer en Égypte, pays chéri, pour des raisons qui me sont inconnues jusqu’à présent”, a annoncé lundi 1er août la chanteuse, flûtiste et compositrice, sur son compte Facebook, expliquant avoir attendu huit heures en vain.

“En tant qu’artiste palestinienne élevée dans les valeurs de résistance et de dignité, je refuse d’abandonner tout espoir […] et vous promets que nous nous rencontrerons, même s’il faut attendre.”

Âgée de 26 ans, Nai Barghouti s’est déjà produite dans de prestigieuses salles de concert parisiennes. Ce refus est d’autant plus étonnant qu’elle avait été programmée par les institutions culturelles de premier plan, souligne le quotidien panarabe Al-Quds Al-Arabi. Mais, ajoute le journal, “on sait qu’il est rare qu’un Palestinien puisse passer l’aéroport du Caire sans disposer d’une ‘invitation’ des services de sécurité”.

“Les problèmes d’obtention de visas pour pouvoir entrer sur le territoire égyptien concernent souvent les Palestiniens”, mais aussi des Syriens, précise une source à l’Opéra du Caire, citée par le journal qatari Al-Araby Al-Jadid. Qui ajoute que des “efforts sont en cours” pour débloquer le dossier de Nai Barghouti et lui délivrer un visa.

“Vecteurs d’une épidémie”

Le cas de la jeune artiste n’est pas unique : avant elle, la chanteuse palestinienne Rim Banna (1966-2018) avait été interdite d’entrée en Égypte par deux fois, la dernière en juin 2015, rappelle le journaliste Waël Qandil sur le site d’Al-Araby Al-Jadid. Lui-même égyptien, mais vivant en exil depuis l’arrivée au pouvoir d’Abdel Fattah Al-Sissi, en 2013, il profite de l’événement pour régler ses comptes avec le régime égyptien, qu’il accuse de préférer “l’occupant sioniste” au “peuple frère palestinien”.

“On se souvient du drame vécu par Rim Banna, puis par Nai Barghouti, toutes les deux palestiniennes. Par contraste, il faut aussi se rappeler l’invasion de milliers de sionistes, […] chaleureusement encouragés par les autorités égyptiennes à s’adonner à des fêtes où d’anciens généraux sionistes dansaient dans les hôtels du Sinaï”, écrit-il.

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