Le cas épineux de la junte birmane s’invite à nouveau au sommet de l’Asean

CINDY LIU/REUTERS

“L’Asean est-elle prête à poser des questions difficiles sur son approche vis-à-vis de la Birmanie ?” s’interroge The Diplomat. La question birmane sera, en effet, au centre du sommet de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean), qui débute ce vendredi 11 novembre à Phnom Penh, au Cambodge. Cette rencontre de dix pays est qualifiée de “cruciale pour les dirigeants de la région” par The Straits Times.

De fait, constate le quotidien de Singapour, “les dix pays du bloc tentent en vain depuis deux ans de faire face à la crise politique et humanitaire qui a suivi le coup d’État de février 2021 en Birmanie”.

“Le groupe doit décider de la réponse à apporter à cette impasse. Celle-ci redessinera [le mode de décision du groupe,] habitué au consensus.”

La Birmanie ne sera pas représentée au sommet, comme cela est de rigueur depuis un an. Même si certains ministres de la junte occupent des positions dans les mécanismes du groupement, l’Asean se contente d’inviter des représentants “non politiques”, remarque The Straits Times, Une position condamnée par la junte birmane, qui estime qu’elle remet en cause les principes de consensus et de non-interférence du groupe.

Camouflet

La posture diplomatique de l’Asean envers la Birmanie a été définie dans un plan en cinq points formulé lors du sommet ad hoc à Jakarta en avril 2021. “Cet accord prévoyait une cessation immédiate de la violence et des pourparlers entre ‘toutes les parties’” du conflit, rappelle The Diplomat. Mais, “aucun dialogue n’existe”, constate The Straits Times. Depuis le coup d’État du 1er février 2021, plus de 7 000 civils ont été tués, plus de 1 million de personnes ont fui leurs habitations du fait des combats, selon l’Institute for Strategy and Policy, un groupe de réflexion qui a son siège à Rangoon.

Le problème avec ce plan en cinq points, détaille The Diplomat, est qu’il partait du principe que puisque la junte militaire avait signé l’accord, elle l’appliquerait de bonne foi. En fait, “elle en a bafoué l’esprit et la lettre, cherchant à éliminer ses opposants par la force tout en refusant de les traiter comme des partenaires de dialogue. La junte indique qu’elle engagera le dialogue une fois qu’elle aura défait les ‘terroristes’ et restauré la ‘stabilité’ du pays”.

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