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Ça commence aujourd'hui – "Honte à cette famille", "C'est inimaginable", "Il est courageux d'en parler", "Quelle force de venir témoigner" : Romain, abusé sexuellement par sa grand-mère, très soutenu par les internautes

Dans Ça commence aujourd'hui ce vendredi 1er décembre 2023 sur France 2, a été abordé l'un des sujets les plus tabous qui soient : les femmes qui abusent sexuellement d'enfants. Parmi les témoins du jour figurait Romain, abusé par sa grand-mère durant son enfance et sa pré-adolescence. Son témoignage très honnête a bouleversé les internautes, nombreux à louer son courage.

Capture écran France 2 direct/Ça commence aujourd'hui
Capture écran France 2 direct/Ça commence aujourd'hui

Pour clore la "semaine spéciale justice", Ça commence aujourd'hui a abordé ce vendredi 1er décembre 2023 sur France 2, un sujet on ne peut plus rare et perturbant : les femmes qui abusent d'enfants. Sur le plateau, Faustine Bollaert accueillait deux témoins pour parler de ce qu'elle a qualifié d'"ultime tabou". Claudia, est venue raconter la terrible histoire de sa sœur, abusée par la mère d'un camarade, qu'elle considérait comme une deuxième maman.

Malheureuse durant toute son adolescence, la jeune fille est décédée suite à une tumeur au cerveau et n'a donc jamais pu assister au procès de son abuseuse. Avant elle, un certain Romain a lui témoigné d'abus de la part de sa grand-mère maternelle, lorsqu'il était enfant puis pré-adolescent. Une femme qu'il ne portait pas spécialement dans son cœur : "elle était plutôt acariâtre, pas gentille avec moi, à donner des ordres tout le temps [...] une mégère, à tous les repas on avait droit à des critiques sur quelqu'un du village", a-t-il confié à Faustine Bollaert et aux experts Natacha Espié et Marc Geiger.

Dans son enfance, Romain passait ses grandes vacances chez cette grand-mère qui habitait un village de montagne. Celle-ci avait pris l'habitude de "faire la sieste" avec son petit-fils et en profitait pour commettre ses méfaits. "Pour dormir, elle me déshabillait et me frottait contre elle. Elle était en sous-vêtements et avait l'air de prendre du plaisir à faire ça". A 4/5 ans, le petit garçon n'y voit aucun mal : "pour moi, c'était quelque chose d'agréable car je prenais du plaisir à ça, je me suis pas du tout rendu compte que c'était mal", a-t-il poursuivi.

Tant et si bien que quand la femme stoppe ses abus, vers les 7 ans de Romain, celui-ci se sent rejeté. Un jour, alors qu'il lui demande, devant ses parents, son oncle et sa tante, d'aller faire la sieste, il comprend que ce n'est plus possible : "elle a fait les gros yeux pour me montrer que ce n'était pas bien. Là, j'ai compris, j'ai commencé à développer la honte, le rejet de moi-même...", a expliqué le témoin, décrivant bien le trouble dans lequel il se trouve alors. "Quand je me rends compte que ce n'est pas normal mais que j'ai envie de passer du temps avec elle, j'ai honte de ce que j'éprouve".

"Quelle force de venir témoigner sur ce sujet si difficile"

À la pré-adolescence, Romain développe un grand mal-être. Au rugby, il se compare à ses coéquipiers dont le corps changeait alors que sa puberté à lui tardait. Dans l'espoir de développer sa virilité, le pré-adolescent se tourne vers sa grand-mère : "C'est moi qui allais vers elle à ce moment-là. Ça se passait devant la TV et il y avait des attouchements sexuels", raconte-t-il. Les choses sont allées plus loin, juste après le décès de son grand-père : "On est montés dans une chambre et on a failli engager un rapport sexuel qui n'a pas pu aboutir. Et suite à ça, je me suis enfermé dans une pièce où j'étais désespéré, je pleurais. En sortant, elle m'a accusé d'être le coupable, elle m'a dit que c'était moi qui avais un problème. J'étais extrêmement mal dans ma peau, dans mon identité j'ai décidé d'oublier, de me dire que je n'en parlerai plus jamais...".

Il en parlera finalement pour la première fois à l'âge de 26 ans, à sa petite copine de l'époque. Puis à celle qui est aujourd'hui sa femme, qui l'a incité à libérer sa parole et confronter sa grand-mère. Romain a choisi d'envoyer un mail à sa famille en 2020 : "ils sont tombés des nues, au point que mon père a fait un AVC". Mais du côté maternel, le déni semble toujours plus fort, malgré le verdict du procès. "On m'a dit que je mentais et que je faisais le procès pour gagner de l'argent".

Devant son petit-fils comme devant la justice, la défense de la grand-mère est restée inchangée : si elle se frottait à Romain lorsqu'il était enfant, c'est parce qu'il n'arrivait pas à dormir. Et c'est (selon elle) son défunt mari qui lui avait conseillé d'agir ainsi. La femme âgée a écopé de 3 ans de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende. "J'étais soulagé d'avoir été soutenu, je ne l'ai pas été par ma famille mais je l'ai été par mon pays", reconnaît Romain. Son abuseuse, elle, a fait appel du verdict judiciaire. Sur X, le sujet a profondément bousculé les internautes. Beaucoup d'entre eux ont tenu à féliciter le témoin pour son courage de parler de ce tabou.