Le Burkina Faso demande le départ de l’ambassadeur de France

Photo Vincent Bado/REUTERS

Pour la France, les choses ne s’arrangent guère sur le terrain africain. Jadis en terrain conquis, l’ancienne puissance coloniale perd de plus en plus pied sur le continent noir. D’abord la Centrafrique, puis le Mali et bientôt le Burkina Faso. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, pour la France, l’horizon est sombre en ce qui concerne le Pays des hommes intègres.

Ayant surfé sur la vague antifrançaise qui s’exprimait dans les rues des villes africaines pour réussir son putsch le 30 octobre dernier, le capitaine Traoré est ouvertement plus porté sur Moscou que sur Paris. De ce point de vue, il se laisse inspirer davantage par Assimi Goïta [à la tête du Mali] que par Mamadi Doumbouya [président de la république de Guinée].

Le regard vers Moscou

À cet égard, la demande des autorités burkinabè adressée à la France, en vue du remplacement de son ambassadeur, est un message qui n’est pas anodin. Vu que cette exigence a été précédée par plusieurs autres incidents, ça sent la rupture.

Ce qui, en soi, n’est pas nécessairement une calamité. Mais c’est à se demander si tout cela ne procède pas surtout d’un populisme de circonstance et si, en conséquence, les nouveaux partenariats qui sont envisagés ou annoncés ne seront pas pires que ceux qui sont aujourd’hui dénoncés ?

Les sacrifices français n’ont pas suffi

Jamais deux sans trois, dit-on. Eh bien, après la RCA [République centrafricaine] et le Mali, la France se retrouve sous pression au Burkina Faso. Et au vu de la méfiance entre les deux parties, on parie que l’ancienne puissance coloniale sera poussée vers la sortie, comme ce fut le cas dans les deux précédents pays.

Pourtant, [la France] aura consenti quelques sacrifices pour qu’on n’en arrive pas à la rupture. Elle est ainsi restée plutôt discrète sur les attaques dont ses emprises diplomatiques ont fait l’objet dans le sillage du coup d’État qui, en début d’octobre dernier, avait porté le capitaine Traoré au pouvoir.

“On ne va pas (renoncer à tout notre engagement au Burkina Faso), parce qu’on a subi des attaques”, disait d’ailleurs à ce sujet, en novembre dernier, Luc Hallade, le diplomate dont le remplacement est aujourd’hui exigé par les autorités burkinabè.

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