Brésil : La déclaration de Bolsonaro calmera-t-elle ses partisans sur les barrages routiers ?

A long line of trucks are seen during a blockade held by supporters of President Jair Bolsonaro on Castelo Branco highway, on the outskirts of Sao Paulo, Brazil, on November 1, 2022. - Supporters of Brazilian President Jair Bolsonaro blocked major highways for a second day as tensions mounted over his silence after narrowly losing re-election to bitter rival Luiz Inacio Lula da Silva. Federal Highway Police (PRF) on Tuesday reported more than 250 total or partial road blockages in at least 23 states by Bolsonaro supporters, while local media said protests outside the country's main international airport in Sao Paulo delayed passengers and led to several flights being cancelled. (Photo by CAIO GUATELLI / AFP)
CAIO GUATELLI / AFP A long line of trucks are seen during a blockade held by supporters of President Jair Bolsonaro on Castelo Branco highway, on the outskirts of Sao Paulo, Brazil, on November 1, 2022. - Supporters of Brazilian President Jair Bolsonaro blocked major highways for a second day as tensions mounted over his silence after narrowly losing re-election to bitter rival Luiz Inacio Lula da Silva. Federal Highway Police (PRF) on Tuesday reported more than 250 total or partial road blockages in at least 23 states by Bolsonaro supporters, while local media said protests outside the country's main international airport in Sao Paulo delayed passengers and led to several flights being cancelled. (Photo by CAIO GUATELLI / AFP)

BRÉSIL - Le président brésilien Jair Bolsonaro est enfin sorti du silence ce mardi 1er novembre, deux jours après sa défaite face à Lula.

« Tant que je serai président de la République, je continuerai à respecter la Constitution », a déclaré le chef de l’État sur un ton martial. Il s’est exprimé lors d’une allocution de deux minutes au palais présidentiel de l’Alvorada, à Brasilia, sans jamais reconnaître explicitement sa défaite.

« Le président m’a autorisé, selon la loi, à débuter le processus de transition » avec l’équipe du président élu Luiz Inacio Lula da Silva, a dit dans la foulée son chef de cabinet Ciro Nogueira.

Jair Bolsonaro, 67 ans, a par ailleurs condamné à demi-mot les barrages routiers érigés par ses partisans protestant contre la victoire depuis dimanche.

« Les manifestations pacifiques seront toujours bienvenues, mais nous ne pouvons pas utiliser les méthodes de la gauche, (...) qui empêchent la liberté de circulation », a-t-il ajouté.

Il a toutefois affirmé que ces manifestations étaient « le fruit de l’indignation et d’un sentiment d’injustice concernant la façon dont le processus électoral s’est déroulé ».

Durant le long silence de deux jours du chef de l’État, le mouvement de protestation sur les axes routiers a fait tache d’huile, et des appels à les soutenir s’étaient multipliés sur les comptes pro-Bolsonaro sur Twitter et Telegram.

La police routière fédérale (PRF) faisait état de 267 barrages routiers, totaux ou partiels, à la mi-journée ce mardi, dans au moins 22 des 27 États du Brésil. Selon le chef de la PRF, Marco Antonio Territo de Barros, « quelque 200 barrages ont déjà été levés ».

À São Paulo, un appel à « la plus grande mobilisation de l’Histoire »

Lundi soir, un juge de la Cour suprême avait ordonné le « déblocage immédiat des routes et des voies publiques » et demandé à la Police routière fédérale (PRF) de prendre « toutes les mesures nécessaires ».

Dans plusieurs régions du pays, la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants, comme à Novo Hamburgo, près de Porto Alegre dans le sud du pays.

C’est dans le sud du pays, comme dans l’État de Santa Carina où Jair Bolsonaro a remporté près de 70 % des voix, que sont recensés les barrages routiers les plus nombreux.

Sur l’un d’entre eux à Palhoça, la situation est tendue et la PRF négocie avec les manifestants pour qu’ils lèvent leur blocage sans heurts, a constaté un journaliste de l’AFP.

L’autoroute menant à l’aéroport international de Guarulhos de São Paulo, le plus grand du pays, a été rendue à la circulation dans la journée après l’intervention de la police. Son blocage matinal a provoqué le retard ou l’annulation de certains vols, selon les médias locaux.

Un convoi de poids lourds transportant du matériel de l’écurie de F1 Ferrari a même été bloqué temporairement par un barrage routier à la sortie de l’aéroport de Viracopos, près de Campinas, dans l’Etat de São Paulo, à deux semaines du Grand prix du Brésil.

Il n’était pas possible ce mardi soir d’estimer l’impact des déclarations de Jair Bolsonaro sur la poursuite du mouvement de barrages routiers. Toutefois de nombreux messages circulaient en soirée sur les réseaux sociaux appelant à des manifestations mercredi, jour férié au Brésil.

À São Paulo, c’est ainsi un appel qui circulait à « la plus grande mobilisation de l’Histoire » mercredi sur l’Avenue Paulista, envahie dimanche soir par des centaines de milliers de sympathisants en liesse de Lula.

Le transport routier est essentiel au Brésil, pays aux dimensions continentales comptant peu de voies ferrées. En 2018, une grève de dix jours des camionneurs avait entraîné de graves problèmes d’approvisionnement.

Plusieurs dirigeants de ce mouvement se sont désolidarisés des camionneurs bolsonaristes.

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