Bientôt un gigantesque aqueduc entre l’Albanie et l’Italie ?

PHOTO LUCY NICHOLSON/REUTERS

Au fond de la mer Adriatique, 85 kilomètres de tubes, 120 autres sur la terre ferme, quatre ans de travaux en prévision, et un budget avoisinant 1 milliard d’euros : l’aqueduc reliant l’Albanie au sud de l’Italie est ce qu’on appelle communément un projet pharaonique.

Celui-ci a été concocté il y a plusieurs années, rappelle le quotidien économique Il Sole 24 Ore, “mais il est subitement revenu sur les tables institutionnelles en octobre 2022, lorsque le gouverneur des Pouilles, Michele Emiliano, a écrit au Premier ministre albanais afin d’officialiser son intérêt pour ce projet. Un projet de plus en plus stratégique au fur et à mesure que les crises hydriques deviennent toujours plus fréquentes.”

L’idée est simple, résume de son côté le Corriere della Sera, “porter l’eau du district albanais de Gjirokastër, situé [dans le sud] d’un pays riche en eau, vers une région italienne, les Pouilles, qui a toujours dû s’approvisionner dans les régions limitrophes de la Campanie et de la Basilicate”.

“Que des avantages” pour l’Albanie

Ce transfert se chiffrerait “à 150 millions de mètres cubes d’eau par an”, estime le quotidien milanais, et ce sans que cela coûte davantage au contribuable italien, assure Domenico Lafargia, président d’AQP, le réseau des aqueducs des Pouilles, à Il Sole 24 Ore :

“Il ne devrait pas y avoir d’impact particulier sur les factures : l’eau albanaise nous coûterait moins cher que celle transférée depuis d’autres territoires.”

Les bénéfices pour les Pouilles sont donc clairs, mais de son côté, pourquoi Tirana devrait-il consentir à la construction de cette infrastructure ?

“Pour le ‘pays des aigles’, il n’y aurait que des avantages, argumente le quotidien économique. On estime que 8 000 nouveaux postes de travail (directs et indirects) seraient créés et, de plus, il y aurait des bénéfices aussi pour l’agriculture et le tourisme albanais, sans compter que certaines zones du pays [qui seraient traversées par l’aqueduc] souffrent également de carences hydriques.”

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