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Biathlon: après sa victoire sur la mass start d'Antholz, Julia Simon "retrouve le sentiment de contrôle et de travail bien fait"

Et de dix. Julia Simon a décroché la 10e victoire de sa carrière. La biathlète des Saisies avec un 19/20 au tir a remporté la mass start d'Antholz-Anterselva en Italie, dernière course avant les championnats du monde qui se dérouleront du 7 au 18 février à Nove Mesto en République Tchèque.

Après un début de saison éprouvant mentalement, la vainqueur sortante du classement général de la coupe du monde retrouve ses sensations. C'est son quatrième podium de la saison et la deuxième fois sur la plus haute marche. Julia Simon fait au passage une excellente opération au classement général de la Coupe du monde. Elle remonte à la quatrième place à 57 points du dossard jaune, toujours sur les épaules de la Norvégienne Ingrid Tandrevold.

Après la deuxième place sur l'individuel à Antholz, vous avez réussi à reproduire ce que vous espériez sur le tir dans cette mass start?

Mes tirs étaient bien construits et peut être un peu plus rapides que ce que j'avais prévu mais je me sentais bien aujourd'hui. Je me sentais en forme derrière cette carabine, mon cerveau était bien connecté, tous mes neurones étaient là (rire). C'était une bonne journée pour moi, je me suis fait plaisir, je me suis amusée. J'ai eu une petite alerte sur mon premier tir debout où je fais une faute et je me dis que j'ai grillé mon joker donc il faut faire le plein sur le dernier tir si tu veux être sur le podium.

C'était important de gagner à nouveau sur ce mois de janvier?

On a tous envie de gagner. C'est la finalité. Faire une course pleine et de haut niveau c'est important, c'est surtout ça qui était mon leitmotiv. La gagne, c'est une récompense, c'est super. La gagne, il y a vraiment un petit truc en plus. C'est quelque chose que l'on ne vit pas beaucoup et il faut en profiter. Quand on a la possibilité de lever les bras, il faut la saisir.

Est-ce que vous retrouvez des sensations de l'an dernier?

"J'essaye de ne vraiment pas me comparer avec l'an dernier car c'est une nouvelle saison. Mais c'est vrai que je retrouve cette sensation derrière la carabine, ce sentiment de contrôle et de travail bien fait. C'est agréable. Mais j'ai aussi l'impression que cette année le niveau des filles est... pfiouuuu. Il n'y a pas le droit à l'erreur. Il faut vraiment tirer vite et bien et skier vite. Ça donne des courses de très haut niveau et c'est agréable de se dire que moi aussi j'arrive à faire partie de ces filles de haut niveau.

Ça se traduit également sur le classement général qui est très serré...

Je pense que c'est bien pour tout le monde. C'est intéressant quand il n'y a pas quelqu'un qui se balade tout seul devant. C'est intéressant quand il y a de la concurrence et tant mieux pour le biathlon, tant mieux pour le biathlon français qui est aux avant-postes. Tant mieux pour le biathlon féminin parce qu'il y a de belles batailles, c'est super.

Comment vous analysez la domination du biathlon féminin français ?

C'est top, ça fait plaisir. C'est une équipe qui, depuis quelques temps, est vraiment très forte. On a beau le voir à l'entraînement, tant que les choses ne se confirment pas en course cela reste que du on dit. Mais là on l'a bien montré depuis le début de la saison et c'est agréable de faire partie de cette équipe féminine, qui est très forte. D'un côté ça peut aussi enlever de la pression. On n'est pas à courir après un résultat collectif. Quand il y en a une qui est moins bien, l'autre peut monter sur le podium. C'est agréable de se dire qu'il y a tout le temps une performance d'une ou deux filles. C'est top pour l'équipe.

Le décalage avec les résultats des garçons est un peu bizarre en ce moment ?

C'est compliqué pour eux ils vivent un moment pas facile. Aujourd'hui Quentin fait une très belle course mais malheureusement il n'est pas récompensé comme il le devrait. Quatrième c'est cher payé pour un 20/20. J'étais peinée pour lui. Nous, on est dans une très belle dynamique mais il y a eu des années où c'était l'inverse. Pendant très longtemps, les mecs étaient tout le temps devant, ils faisaient des triplés ou des quadruplés, c'était des trucs de dingue. Et je suis très heureuse de l'avoir vécu aussi, de l'avoir vu car ça nous donne des idées et on se dit pourquoi pas nous. On s'est aussi servi de l'expérience des mecs pour en arriver à ça.

Article original publié sur RMC Sport