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Au Royaume-Uni, ces nombreux artistes obligés de cumuler les emplois

Photo Capture d’écran YouTube/@GearboxRecordsLdn

Vivre de son art n’est pas chose facile. Et avoir du succès ne protège pas forcément de cette précarité. De très fortes inégalités frappent le secteur culturel au Royaume-Uni, relève The Guardian, qui est allé à la rencontre d’humoristes, poètes, guitaristes exerçant un travail à côté de leur carrière artistique pour joindre les deux bouts.

Le guitariste Kevin Cahill explique ainsi au journal connaître très peu de musiciens qui ne vivent que leur musique. “Presque tout le monde a un deuxième emploi, le plus souvent dans l’enseignement. Ceux qui n’en ont pas sont soit très riches, soit très pauvres”, affirme ce membre du duo écossais d’ambient Cahill Costello. Lui-même est professeur de musique à côté de son travail artistique.

Et les statistiques confirment cette analyse. Le Guardian cite ainsi une étude selon laquelle les personnes exerçant des métiers dans les secteurs créatifs ont deux fois plus de chance d’avoir un autre emploi en parallèle. Parmi les personnes citées par le journal, Kit Fan, poète primé, travaille également à plein temps dans une école médicale, et l’humoriste Sikisa Bostwick-Barnes est aussi avocate spécialisée dans les affaires d’immigration.

Un monde peu accessible

Alors, pourquoi ces artistes talentueux cumulent-ils plusieurs emplois ? Le journal britannique cite des sondages selon lesquelles les métiers de la culture sont marqués par de fortes inégalités salariales. Dans le secteur artistique, le salaire médian serait de 2,60 livres (3 euros) de l’heure, bien en deçà des 10,42 livres (12 euros) du salaire minimum au Royaume-Uni.

Cela a de très grandes répercussions sur l’accès à ces secteurs. Neil Griffiths a cofondé une association pour aider des jeunes qui ne sont pas issus de milieux privilégiés à accéder à ces métiers. Il affirme que le salaire dans ces milieux-là n’était pas un sujet pendant des siècles. “On ne peut pas se plaindre de l’absence d’artistes de couleur, du caractère trop élitiste du milieu du journalisme et du fait que la plupart des gens ont fait leurs études dans le privé sans aborder la question de l’argent”, dit-il au Guardian.

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