Au Pérou, le Machu Picchu ferme ses portes à cause des troubles sociaux

Face au mouvement social d’ampleur demandant la destitution de la présidente péruvienne Dina Boluarte, le gouvernement du Pérou a fait le choix de restreindre l’accès au Machu Picchu.
ULAN/Pool / Latin America News A / ULAN/Pool / Latin America News A Face au mouvement social d’ampleur demandant la destitution de la présidente péruvienne Dina Boluarte, le gouvernement du Pérou a fait le choix de restreindre l’accès au Machu Picchu.

Chaque jour, ce joyau historique inscrit depuis 1983 sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO, est visité par plus de 5 000 touristes venus du monde entier.

PÉROU - L’héritage laissé par la civilisation Inca menacé par les manifestants ? Plongé dans une grave crise sociale et politique, le Pérou a décidé de fermer le Machu Picchu, joyau touristique inca et principale attraction du pays, a annoncé le gouvernement ce samedi 21 janvier.

« La fermeture du réseau de sentiers incas (accès terrestres, Chemin de l’Inca) et de la Llaqta (citadelle) du Machu Picchu a été ordonnée en raison de la situation sociale et pour préserver l’intégrité des visiteurs », a indiqué le ministère de la Culture dans un communiqué.

Le chemin de fer, seul moyen de se rendre sur le site (en dehors de la marche) est coupé depuis plusieurs jours, la voie ayant été endommagée par des manifestants. Selon la compagnie qui l’exploite, des rails ont été retirés par les protestataires.

Depuis, ce sont pas moins de 400 touristes -dont 300 étrangers- qui sont bloqués au pied du site, à Aguas Calientes. « Nous ne savons pas si un train viendra nous chercher. Tous les touristes ici font la queue pour s’inscrire » en vue d’une évacuation, avait déclaré vendredi à l’AFP le touriste chilien Alem Lopez.

Le Machu Picchu, vestige d’une ancienne cité inca est désormais interdit d’accès aux visiteurs, en raison de dégâts provoqués par des manifestants antigouvernementaux.
Capture d’écran Google Maps Le Machu Picchu, vestige d’une ancienne cité inca est désormais interdit d’accès aux visiteurs, en raison de dégâts provoqués par des manifestants antigouvernementaux.

Les touristes « ne peuvent pas sortir parce que le chemin de fer a été endommagé à différents endroits », a affirmé vendredi le ministre du tourisme Luis Fernando Helguero. « Certains touristes ont choisi de se rendre à pied à Piscacucho mais il s’agit d’une marche de six heures ou plus et très peu de personnes peuvent la faire ». Piscacucho est le village le plus proche du Machu Picchu relié au réseau routier.

46 morts depuis le 7 décembre

En décembre, des touristes avaient également été bloqués sur le site avant d’être évacués par un train spécial, encadré par les forces de l’ordre et des équipes de cheminots, pour réparer la voie.

Cette nouvelle annonce inquiète d’autant plus que le gouvernement a déjà étendu dimanche l’état d’urgence pour 30 jours à Lima, Cusco, Callao et Puno afin de limiter les manifestations antigouvernementales, autorisant même les militaires à intervenir aux côtés de la police pour rétablir l’ordre public.

Jeudi, les régions septentrionales d’Amazonas et La Libertad et celle de Tacna, dans le sud, ont également été incluses dans l’état d’urgence. Désormais, près d’un tiers du pays se trouve sous ce régime, jusqu’à la mi-février.

Depuis le 7 décembre, les manifestations péruviennes demandent la démission de Dina Boluarte et la suspension du Congrès. Une mobilisation sociale qui a déjà fait 46 morts (45 civils et un policier) depuis le début du mouvement de contestation, survenu à la suite de la destitution et de l’arrestation du président Pedro Castillo.

Ce leader de gauche avait été accusé d’avoir tenté de faire un coup d’État en voulant dissoudre le Congrès, alors contrôlé par la droite, qui était sur le point de le destituer pour corruption présumée. Il a été remplacé par Dina Boluarte, sa vice-présidente et membre du même parti que lui.

VIDÉO - À Lima, au Pérou, des milliers de manifestants contre la présidente, heurts dans le centre-ville

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