Attentat d’Istanbul : La personne responsable arrêtée, le PKK accusé par Ankara

Municipal workers clean debris as Turkish policemen secure the area after a strong explosion of unknown origin shook the busy shopping street of Istiklal in Istanbul, on November 13, 2022. - Turkish President condemned the
YASIN AKGUL / AFP Municipal workers clean debris as Turkish policemen secure the area after a strong explosion of unknown origin shook the busy shopping street of Istiklal in Istanbul, on November 13, 2022. - Turkish President condemned the "vile attack" that ripped through central Istanbul, and said it killed six people and wounded over 50 others, on November 13, 2022. (Photo by Yasin AKGUL / AFP)

TURQUIE - Le ministre de l’Intérieur turc Souleyman Soylu a annoncé ce lundi 14 novembre l’arrestation de la personne responsable de l’attentat qui a fait au moins six morts dimanche à Istanbul et désigné le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

« La personne qui a déposé la bombe a été arrêtée. D’après nos conclusions, l’organisation terroriste PKK est responsable » de l’attentat, a affirmé le ministre dans une déclaration relayée par l’agence officielle Anadolu et les télévisions locales, alors que l’attaque n’a toujours pas été revendiquée.

Le PKK, en lutte armée contre le gouvernement turc depuis le milieu des années 80, a été souvent rendu responsable par le passé d’attentats sanglants sur le sol turc. Il est également régulièrement visé par des opérations militaires turques contre ses bases dans le nord de l’Irak et de la Syrie.

Dimanche, un attentat, attribué à « une femme », a visé le cœur battant d’Istanbul, principale ville et capitale économique de la Turquie, faisant au moins six morts et des dizaines de blessés dans l’artère commerçante très fréquentée d’Istiklal.

L’explosion de forte puissance, qui a fait également 81 blessés dont deux dans un état critique, selon un dernier bilan, est survenue vers 16h20, au moment où la foule était particulièrement dense dans ce lieu de promenade prisé des Stambouliotes et des touristes.

Devant la presse, le vice-président Fuat Oktay a accusé dimanche soir « une femme » d’avoir « déclenché la bombe ».

Un « sac » déposé sur un banc

Le ministre de la Justice, Bekir Bozdag, a ensuite évoqué un « sac » déposé sur un banc : « Une femme s’est assise sur un banc pendant 40 à 45 minutes et, quelque temps après, il y a eu une explosion. Toutes les données sur cette femme sont en cours d’examen », a-t-il poursuivi. « Soit ce sac contenait un minuteur, soit quelqu’un l’a activé à distance », a-t-il ajouté.

En fin de soirée, le Ministre de la Santé Fahrettin Koca a annoncé que « 42 blessés (sont) toujours hospitalisés, dont cinq en soins intensifs, deux dans un état critique ».

Le président Recep Tayyip Erdogan avait le premier dénoncé un « vil attentat », juste avant de s’envoler pour l’Indonésie et le sommet du G20 à Bali : « Les premières observations laissent subodorer un attentat terroriste », avait affirmé le chef de l’État, ajoutant qu’« une femme y serait impliquée ».

La police a aussitôt établi un large cordon de sécurité pour empêcher l’accès à la zone meurtrie par crainte d’une seconde explosion. « J’étais à 50-55 mètres de distance, il y a eu soudain un bruit d’explosion. J’ai vu trois ou quatre personnes à terre », a déclaré à l’AFP un témoin, Cemal Denizci, 57 ans. « Les gens couraient en panique. Le bruit était énorme. Il y a eu une fumée noire. Le son était si fort, presque assourdissant », a-t-il rapporté.

Selon des images diffusées sur les réseaux sociaux au moment de l’explosion, celle-ci, accompagnée de flammes, a été entendue de loin et a déclenché un mouvement de panique. Plusieurs corps gisant à proximité sont visibles sur les images.

L’émotion était intense en fin de journée dans ce quartier d’Istanbul déjà durement éprouvé par le passé. Le match du club stambouliote de Besiktas a été annulé.

Une rue déjà visée en 2016

La rue Istiklal, qui signifie « l’Indépendance », dans le quartier historique de Beyoglu, est l’une des plus célèbres artères de la ville, entièrement piétonne sur 1,4 km. Tours illuminée, sillonnée par un vieux tramway, bordée de commerces et de restaurants, elle est empruntée toute l’année par des millions de locaux et de touristes. Elle avait déjà été frappée en mars 2016 par une attaque suicide qui avait fait cinq morts.

Cet attentat, qui survient à sept mois d’élections présidentielle et législatives cruciales, a suscité de nombreuses condamnations et expressions de solidarité dans le monde - Pakistan, Inde, Italie, Allemagne, où réside une importante communauté turque, Qatar, Jordanie ou Arabie saoudite…

« Toutes nos pensées au peuple de Turquie en ces temps difficiles », a tweeté le président du Conseil européen Charles Michel. Le secrétaire général de l’Otan, dont la Turquie est membre, a exprimé sa « solidarité avec notre allié », ainsi que la Suède, candidate à l’entrée dans l’Alliance atlantique.

La Maison Blanche, dans un communiqué, a assuré que les États-Unis « se tiennent épaule contre épaule avec notre allié turc au sein de l’Otan dans la lutte contre le terrorisme ».

Depuis la France qui commémorait dimanche les 130 morts des attentats du 13 novembre 2015, le président Emmanuel Macron a assuré : « Aux Turcs : nous partageons votre peine ».

Enfin, Israël, avec lequel la réconciliation vient d’être scellée, affirmait que « la terreur ne gagnera jamais ». Et Athènes, malgré des relations tendues avec Ankara, a présenté « ses sincères condoléances au gouvernement et au peuple turcs ».

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