Publicité

Arrestations d'agriculteurs à Rungis : Karine Duc de la Coordination rurale dénonce une "rafle"

Après être sortie de garde à vue ce jeudi 1er février au matin, la coprésidente de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne a assumé utiliser le terme de "rafle" pour qualifier l'interpellation d'agriculteurs la veille à Rungis.

"Les mots ne sont pas disproportionnés". Karine Duc, coprésidente de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne, a dénoncé ce jeudi 1er février sur BFMTV une "rafle" après son interpellation mercredi à Rungis avec plusieurs dizaines d'autres agriculteurs en colère.

Ce mot - qui désigne une arrestation massive exécutée à l'improviste - porte une forte connotation historique en France depuis les vagues d'arrestations par les polices allemande et française de milliers de juifs durant la Seconde Guerre mondiale, envoyés ensuite vers des camps de concentration ou d'extermination.

"Quelque chose d'inédit"

Interrogée sur la symbolique du terme, Karine Duc a assumé. "Quand vous mettez 80 personnes en garde à vue en même temps, c'est quelque chose d'inédit (...) ça ne s'est jamais passé", a-t-elle expliqué.

S'appuyant sur la "trahison" et le "traumatisme" vécus par les agriculteurs concernés, la viticultrice a poursuivi:

"Quand vous avez des agriculteurs qui viennent sur un site de manière pacifique sans dégrader quoi que ce soit, qui sont interpellés, mis massivement 'à l'abri' pour ne pas dire autre chose... Je ne vois pas quel autre mot on peut utiliser."

Elle a également annoncé porter plainte après son interpellation. "Avec mon avocate, nous avons décidé de déposer plainte parce qu'il est clair que nous avons eu une atteinte au droit de manifester, à la liberté d'expression (...) une entrave au droit de la défense, une atteinte à la liberté d'aller et venir sur le site de Rungis", a-t-elle énuméré sur notre antenne.

Elle a aussi évoqué un "vice de procédure" car elle n'a pas pu voir, selon elle, son avocate "lorsqu'elle s'est présentée" lors de sa garde à vue.

Ce jeudi matin, les gardes à vue de 79 agriculteurs interpellés ont été levées. Les investigations "vont se poursuivre" dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte mercredi notamment pour dégradation du bien d'autrui en réunion, "en particulier pour l'exploitation des vidéos visant à identifier les principaux auteurs des dégradations", a précisé le parquet.

Les manifestants avaient pénétré en fin d'après-midi à pied dans une "zone de stockage" du marché et y avaient "commis des dégradations" avant d'être "sortis des lieux par les forces de l'ordre", avait expliqué à BFMTV une source policière.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Colère des agriculteurs: les 79 gardes à vue levées après l'intrusion dans le marché de Rungis