Argentine: le gouvernement de Javier Milei bannit le langage inclusif dans l'armée

Le gouvernement argentin ultralibéral de Javier Milei a interdit l'usage du langage inclusif dans les forces armées, qui n'était pourtant pas auparavant une directive expresse, sous peine de sanctions.

"Est interdite l'utilisation du dénommé 'langage inclusif' dans le cadre du ministère de la Défense, des forces armées et organismes décentralisés du ministère", indique une résolution signée vendredi par le ministre de la Défense Luis Petri, et publiée ce lundi 26 février sur le compte X du ministère.

"L'objectif est d'éliminer des formes incorrectes de langage, qui peuvent générer une interprétation erronée de ce qui est souhaité, affectant l'exécution des ordres et le déroulement des opérations militaires", poursuit le ministère.

Devra donc s'employer l'espagnol "selon les termes et règles fixés par l'Académie royale espagnole, et les règlements et manuels en vigueur au sein des forces armées".

"Discerner les bonnes pratiques"

Le langage inclusif et la féminisation des grades ne faisaient pas l'objet de directives particulières, mais dans un document de 2020 du gouvernement péroniste (centre-gauche) précédent, le ministre Agustin Rossi assurait que son ministère "continuera d'accompagner les changements culturels dans les relations de genre (...) forgées au fil des années de l'engagement (militaire) des femmes et qui se sont exprimées avec force ces dernières années".

Dans le même document, la chargée des politiques de genre et droits au ministère appelait toutefois à "discerner les bonnes pratiques" et contextes, et ne pas "imposer" une dénomination, relevant que "les jeunes femmes officiers, dans leur désir d'intégration, en général ne sont pas d'accord avec la féminisation des grades et des charges".

Le "libertarien" et "anarcho-capitaliste" Milei, comme il se décrit, n'a jamais fait mystère de son opposition au langage inclusif, qu'au même titre que "l'idéologie de genre" il a par le passé accusé de "saper les valeurs de la société".

Et s'il dit reconnaître à chacun la liberté d'employer ce langage, il a aussi estimé qu'il constitue, lorsque diffusé ou imposé dans un contexte d'État, de "l'endoctrinement", composante selon lui d'un "marxisme culturel" qu'il abhorre.

Article original publié sur BFMTV.com