Anti-avortement, climatosceptique... Qui est Javier Milei, nouveau président de l'Argentine?

Régulièrement comparé à l'ancien président américain Donald Trump ou au brésilien Jair Bolsonaro, l'argentin Javier Milei a été élu président de l'Argentine ce dimanche 19 novembre, devançant largement l'actuel ministre de l'Économie, le centriste Sergio Massa. L'économiste ultralibéral d'extrême droite s'est imposé avec plus de 55% des suffrages

Un véritable succès pour ce polémiste habitué aux plateaux TV, qui a débuté sa carrière politique il y a seulement deux ans, en fondant son mouvement La Libertad Avanza en juillet 2021.

Élu député quelques mois plus tard, il créé la surprise en montant dans les sondages et enquêtes d'opinion pour la présidentielle 2023, avant de recueillir 29,99% des voix au premier tour de l'élection, le 22 octobre.

• Un discours réactionnaire

Javier Milei se décrit comme un "anarcho-capitaliste" qui a promis de "tronçonner" l'"État-ennemi". Son slogan: "Je ne suis pas là pour guider des agneaux, mais pour réveiller des lions!"

Depuis des mois, l'économiste de 53 ans a accumulé les positions radicales et polémiques. Javier Mileil s'est ainsi opposé à l'avortement, pourtant légal en Argentine depuis 2020. Pour lui, le changement climatique n'est qu'un "cycle", pas "une responsabilité de l'homme". Des positions qui permettent de le comparer à Donald Trump, l'ancien président des États-Unis.

Libertarien, l'homme de 53 ans s'est en outre dit favorable à une "solution de marché" pour le don d'organes, tout comme à la dérégulation de la vente d'armes.

• Un programme économique ultralibéral

Le libertarien, opposé à la justice sociale, rêve de refaire de l'Argentine une "puissance mondiale". Pour lutter contre l'inflation (143% sur un an), il propose notamment de "dollariser" l'économie. Remplacer ainsi le peso argentin par le dollar américain, comme le Panama ou l'Equateur, par exemple.

Sa mesure phare est surtout l'assèchement de la dépense publique argentine, en les coupant "à la tronçonneuse". Ainsi, il propose de faire disparaître le ministère de la Culture mais celui aussi en charge du droit des femmes. De privatiser le ministère de la Santé et de l'Education.

"Javier Milei apporte avec lui un ingrédient de confrontation politico-sociale, un discours belliqueux, agressif, d'ajustement envers des secteurs, telle la fonction publique, à forte capacité de mobilisation", analyse pour l'AFP Gabriel Vammaro, politologue à l'université San Martin. "Avec, peut-être, une voie répressive, dont on ne sait pas comment elle pourrait finir".

• Une image atypique

De son look de rocker défraîchi, parfois en blouson de cuir et à la tronçonneuse brandie en meeting, Javier Milei a cultivé une image atypique. Comme l'idée d'offrir son indemnité parlementaire par tirage au sort, pour "rendre au peuple ce qui lui a été volé".

Le tout appuyé par une forte présence sur les réseaux sociaux: "il en appelle à l'émotion, c'est un politicien TikTok", explique à l'AFP l'économiste Andres Borenstein, du think tank Econviews.

Quelques minutes après l'annonce de sa victoire, l'une de ses vieilles vidéos est devenue virale: on le voit décrocher et jeter derrière lui en criant "dehors" une à une des étiquettes représentant plusieurs ministères (sport, transports, éducation, etc).

Ses positions publiques ont aussi choqué dans son pays, notamment lorsqu'il a insulté le pape François. Le libertarien avait qualifié l'homme d'Église de "jésuite qui promeut le communisme", de "représentant du Malin assis sur le trône de la maison de Dieu" ou encore d'"imbécile".

La santé mentale de Javier Milei a aussi interrogé ses dernières semaines, l'économiste disant entendre des voix lors d'une interview en octobre. Sa biographie, sortie en juillet 2023, est titrée El Loco. "Le Fou", en espagnol.

Article original publié sur BFMTV.com