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Agression d'une collégienne à Montpellier: une enquête administrative pour éclaircir les faits

Le collège Arthur-Rimbaud, où une adolescente a été agressée mardi, le 4 avril 2024 au nord-ouest de Montpellier, dans les Bouches-du-Rhône (Pascal GUYOT)
Le collège Arthur-Rimbaud, où une adolescente a été agressée mardi, le 4 avril 2024 au nord-ouest de Montpellier, dans les Bouches-du-Rhône (Pascal GUYOT)

Deux jours après l'agression d'une adolescente de 13 ans (BIEN 13 ans) devant son collège à Montpellier, la ministre de l'Education nationale Nicole Belloubet a annoncé jeudi une enquête administrative dans l'établissement, prévenant que son "bras ne tremblera pas" si des fautes ont été commises.

"Evidemment, je veux tout savoir, tout savoir sur ce qu'il s'est passé durant les mois précédents ou les semaines précédentes dans l'établissement où Samara était accueillie", a insisté la ministre sur BFMTV, annonçant que dès vendredi des inspecteurs généraux de son ministère se rendraient sur place "pour une mission flash" de huit jours.

L'agression de l'adolescente s'est produite mardi vers 16h00 devant le collège Arthur-Rimbaud, dans le quartier populaire de La Mosson-La Paillade. La jeune fille, "gravement blessée" selon le parquet de Montpellier, qui avait annoncé mercredi soir sa sortie du coma, devait être entendue ce jeudi.

Trois mineurs âgés de 14 ans et 15 ans -dont au moins une était scolarisée dans le même établissement et a reconnu "avoir porté des coups", d'après la même source- avaient été placés en garde à vue mercredi, pour tentative de meurtre sur mineure de moins de quinze ans.

Interrogée par BFMTV, la mère de la victime a accusé la collégienne interpellée d'avoir été la "commanditaire" du passage à tabac de sa fille. Depuis plus d'un an, cette camarade aurait "pris en grippe Samara" et la traitait de "mécréante", sans doute en raison de sa façon de se vêtir, a expliqué la mère, évoquant l'hypothèse d'un conflit autour de la pratique de la religion.

Elle affirme en outre que cette collégienne avait été exclue de l'établissement deux jours en juin 2023, notamment après avoir publié une photo de sa fille sur les réseaux sociaux appelant à la violer.

Jeudi soir, dans l'émission "Touche pas à mon poste" sur C8, la mère de la victime a affirmé avoir été appelée le jour même de l'agression par le professeur principal de sa fille, pour la prévenir qu'un groupe de jeunes attendait cette dernière devant le collège. "Suite à cet appel, j'ai appelé à deux reprises la vie scolaire" en leur demandant de garder Samara dans l'enceinte de l’établissement, mais la CPE était "injoignable", a-t-elle témoigné.

- "Instrumentalisation" par l'extrême droite -

Et "à 16h00 ma fille, (n'ayant eu) aucune information, elle sort comme d'habitude pour aller prendre le bus scolaire (...), on l'a jetée dans la fosse aux lions", a-t-elle ajouté, en dénonçant, à la fin de l'émission, "l'instrumentalisation de la souffrance de (sa) fille par l'extrême droite".

Selon un groupe d'élèves âgées d'une quinzaine d'années interrogées jeudi à la sortie du collège Arthur-Rimbaud par un journaliste de l'AFP, ce qu'il s'est passé n'aurait "rien à voir avec une certaine façon de s'habiller" ou de s'apprêter de Samara.

L'enquête administrative mandatée par la ministre de l'Education nationale "aura pour objet à la fois d'établir la réalité des faits" et "les responsabilités", a prévenu Nicole Belloubet, assurant qu'au terme de celle-ci elle "en tirerai(t) toutes les conséquences".

"Nous devons la vérité à Samara, à la famille et bien sûr à notre institution", a encore estimé la ministre, promettant qu'elle ne "faillirai(t) pas".

"Je puis vous assurer que mon bras ne tremblera pas, je saurai prendre mes responsabilités", a poursuivi Mme Belloubet, ajoutant toutefois qu'elle ne voulait "rien à ce stade préjuger" des conclusions de cette enquête.

"Nous menons une politique de lutte contre le harcèlement qui est très ferme, nous ne tolérons pas le harcèlement, et j'ai eu l'occasion de dire que le +pas de vagues+ dans les établissements scolaires, c'était fini", a également rappelé Nicole Belloubet.

"Donc s'il y a eu harcèlement, on ne peut pas l'exclure, on ne doit d'ailleurs pas l'exclure, s'il y a eu harcèlement, (...) nous verrons ce qu'il convient de décider dans les quelques jours qui viennent", a-t-elle relevé.

Interrogé en marge de l'inauguration du centre aquatique des Jeux olympiques à Saint-Denis, Emmanuel Macron a estimé que rien ne justifiait "qu'une adolescente ait ainsi été agressée par plusieurs jeunes de son âge", tout en indiquant qu'il serait à ce stade "très prudent" sur la qualification des faits.

"J'aime bien commenter les choses, surtout prendre des décisions quand je suis sûr des faits", a ajouté le chef de l'Etat. "Donc j'attends le retour plein et entier des travaux de la justice, mais aussi de la préfecture et du rectorat", a dit Emmanuel Macron.

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