Les plus anciens organismes de France vivaient en Bretagne... sous les tropiques

Baptiste Coutret & Didier Néraudeau/Annales de Paléontologie

Les plus anciens fossiles de France, découverts en Bretagne, sont des pistes qui témoignent de l’existence d’êtres vivants il y a 550-530 millions d’années. Leur étude et celle des roches où elles se trouvent attestent que des organismes aux allures de vers vivaient sur les fonds marins au cours de cette époque durant laquelle la France d’aujourd’hui était bien différente.

Une équipe de recherche de l’Université de Rennes, menée par le Professeur de Paléontologie Didier Néraudeau, et associant des étudiants en Master de Rennes et des doctorants des universités canadiennes d’Alberta et de la Saskatchewan, a réétudié des fossiles bretons connus depuis le 19ème siècle. En effet, les premières découvertes furent effectuées par Paul Lebesconte, un pharmacien et géologue rennais de l’époque. Les roches contenant les fossiles se sont formées au cours des périodes géologiques de l’Édiacarien et du Cambrien, il y a plus de 530 millions d'années (Ma). Il s’agit de fines ardoises, ou schistes ardoisiers, où les fossiles sont préservés à l’horizontale sur leur surface. Cette redécouverte et les nouvelles études qui en découlent permettent d’en savoir plus sur la datation, sur l’environnement d'alors et sur les plus anciennes faunes connues à l’heure actuelle en France.

La Bretagne était sous les tropiques

Imaginons le monde il y a plus de 530 Ma : des journées longues de seulement 22 heures, un climat globalement plus chaud, des continents méconnaissables et surtout, l'absence de vie sur la terre ferme ! Cependant, dans les océans, tout est différent : la vie se diversifie et foisonne depuis plusieurs millions d’années. L’actuelle Bretagne était alors... immergée, et située près de l’actuelle position de l’Australie ! L’étude des sédiments associés aux fossiles nous renseigne également sur les conditions de ce milieu aquatique. Elle nous fait plonger dans des fonds marins relativement peu profonds, soumis à l’influence des marées, et parfois des tempêtes.

Un fond marin grouillant de vie : la preuve en traces

Pas de grands fossiles comme dans les galeries des musées, mais des pistes découvertes sur des ardoises montrant le passage d’animaux. Ces traces fossiles - nommées ichnofossiles - dévoilent, selon leur arrangement et leur organisation, beaucoup d'informations sur le comportement d'un animal : était-il en train de se déplacer ? Se reposait-[...]

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