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Alexeï Navalny: pour l'ambassade de Russie en France, la mort de l'opposant est "purement une affaire intérieure"

"L'expertise médicale et judiciaire est en cours". Alexander Makogonov, porte-parole de l'ambassade de Russie en France, a justifié à sa façon la décision prise par son pays de ne pas remettre pour l'instant le corps d'Alexeï Navalny à sa famille.

"La mort d'un citoyen russe mort en Russie est purement une affaire intérieure", a estimé le diplomate sur notre antenne.

L'opposant politique russe a été annoncé mort le vendredi 16 février dernier par les services pénitentiaires de la prison où il purgeait une peine de 19 ans de prison. Plusieurs jours après son décès, les circonstances de celui-ci restent floues.

"L'enquête est en cours pour faire la lumière sur sa mort, sur les raisons de sa mort", a affirmé le diplomate russe sur BFMTV. "Le corps se trouve entre les mains des spécialistes".

"Une tragédie pour sa famille"

Selon l'équipe de l'opposant, les enquêteurs ont affirmé que la dépouille d'Alexeï Navalny ne sera pas remise à sa famille avant au moins 14 jours, le temps de mener une "expertise". Alexander Makogonov ne peut toutefois "pas dire" si le corps de l'opposant sera remis à ses proches à l'issue de cette expertise.

"C'est une tragédie, pour sa famille et pour ses proches", a encore déclaré le diplomate, ajoutant que, pour la Russie, Alexeï Navalny était "un prisonnier comme tous les autres".

Tenue pour responsable par plusieurs pays occidentaux de la mort de son citoyen, la Russie a jugé vendredi dernier ces accusations "absolument inacceptables".

"Des accusations absolument infondées", a également assuré Alexander Makogonov sur notre antenne.

Paris demande une "enquête indépendante"

Après que l'ONU a demandé une enquête "complète, crédible et transparente" sur la mort d'Alexeï Navalny, la France a également réclamé une "enquête indépendante et approfondie pour faire toute la lumière" sur ce décès.

"Nous savons très bien ce que veut dire cette formule", a réagi le porte-parole de l'ambassade de Russie, invitant les autorités françaises à demander des enquêtes indépendantes "sur les événements de ce fameux massacre à Boutcha, en ce qui concerne l'explosion du fameux gazoduc Nordstream, puis l'avion militaire russe abattu au-dessus de Belgorod".

Emmanuel Macron, qui avait reproché la semaine dernière à la Russie de "mettre au goulag ses esprits libres" et de "les condamner à mort", avait aussi reproché au pays dirigé par Vladimir Poutine d'être "devenu un acteur méthodique de la déstabilisation du monde". Une position qui illustre plus que jamais les relations difficiles entre les deux pays.

"À quel point le dialogue est possible entre Moscou et Paris? Difficile de dire dans ce contexte", a enfin estimé Alexander Makogonov.

Article original publié sur BFMTV.com