Comment aider les scientifiques ukrainiens face à la guerre

Dominique Leglu

La guerre en Ukraine et son impact sur les scientifiques est au cœur des débats du sommet scientifique Falling Walls, qui se déroule actuellement à Berlin.

"La guerre fait désormais partie de notre vie. Des universités, des écoles, des musées ont été détruits… Merci de nous soutenir". C’est avec ces mots de Kateryna Terletska, de l’Académie des sciences junior de Kiev (Ukraine), en exil à l’université Johannes Kepler à Linz (Autriche) que s’est ouverte la journée des « percées scientifiques », lors du sommet « Falling Walls » 2022 (lire encadré), ce 9 novembre à Berlin (Allemagne).

Il faut prévenir le "brain drain"

Sous le signe des couleurs jaune-bleu du drapeau de l’Ukraine, déployées pour une « photo de famille » de scientifiques du monde entier réunis pour l’occasion, tous s’interrogent : Que faisons-nous avec les scientifiques ukrainiens aujourd’hui ? Que faire pour préparer demain, même si personne n’est capable de dire quand s’arrêtera le conflit ? "Il n’y a pas que les destructions d’infrastructures, il y a l’impact sur le système scientifique, qui s’est arrêté de fonctionner cette année. Avec des personnes traumatisées, et qui ne peuvent plus poursuivre leurs expériences, sauf si vous êtes un mathématicien à qui il ne faudrait qu’un crayon et du papier", insiste Oleksiy Kolezhuk, du Conseil scientifique national d’Ukraine, lors de la session intitulée « Comment faire redémarrer la science en Ukraine après l’agression russe ».

"Qu’est-ce qui va se passer alors ?", interroge à haute voix Georg Schütte, de la Fondation Volkswagen, modérateur du débat. Aujourd’hui, avec les coupures d’électricité qui interrompent les expériences, les salaires qui ont été diminués parfois de 25% (dans certaines universités), de 40% ou 50% pour les membres d’académie, il y la tentation de l’expatriation. Et le spectre de la fuite des cerveaux. "Pour prévenir ce « brain drain », préserver le « capital humain », de nouvelles initiatives ont été lancées", explique la très jeune Liubov Poshyvailo-Strube, qui s’est portée volontaire pour aider l’Ukrainian Global University dont le but déclaré est de "réunir les meilleurs établissements d[...]

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