Abattage des bouquetins du Bargy : retour sur dix ans de polémique

Jean-Paul Chatagnon / Biosphoto / Biosphoto via AFP

Depuis plusieurs années, une population de bouquetins des Alpes établie dans le massif du Bargy cristallise les tensions, avec d'un côté les éleveurs et la préfecture et de l'autre, les associations de protection animale. Certains scientifiques essaient, avec plus ou moins de succès, de faire entendre leur voix sur la question.

La polémique concernant l'abattage des bouquetins des Alpes du massif du Bargy (Haute-Savoie) continue. Depuis plusieurs années, ces animaux sont visés par des mesures drastiques afin d'empêcher une trop forte circulation de la brucellose, une maladie transmissible par plusieurs bactéries du genre Brucella. Malgré leur statut d'espèce protégée, une soixantaine de bouquetins ont encore été abattus mi-octobre 2022, sur une population d'environ 370 animaux, pour, selon la préfecture de Haute-Savoie, préserver les animaux d'élevage et les habitants d'une éventuelle contagion.

Une détection en 2012

Selon l'Organisation mondiale de la santé, les bactéries Brucella "infectent principalement les bovins, les porcs, les chèvres, les moutons et les chiens". Les humains peuvent également contracter la maladie, par contact avec un animal atteint ou encore en consommant du lait ou du fromage non pasteurisés. Un foyer avait justement été détecté en 2012 en France dans un cheptel bovin après la découverte de deux cas humains liés à une consommation de fromage de vache.

L'enquête menée avait permis de découvrir que certains bouquetins du massif étaient contaminés, ce qui avait donné lieu à des abattages massifs à l’automne 2013 et au printemps 2014 (251 individus abattus sur une population estimée à environ 570 animaux, selon les données mentionnées par une étude française parue dans Epidemics en mars 2022) et en 2015 (70 animaux abattus sur une population estimée à environ 340 animaux), au sein de cette population protégée.

En parallèle, des bouquetins étaient capturés et testés. Les individus malades étaient euthanasiés. En quelques années, la circulation de la brucellose a fortement diminué dans cette population. Environ 50 % des bouquetins étaient positifs au test en 2013, contre moins de 15 % en 2022, d'après les résultats publiés par l'Office Français de la Biodiversité (OFB).

Des experts*, issus notamment de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’env[...]

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