5 activités pour les enfants à faire en pleine forêt

L'école de la forêt propose des activités pour connecter avec la nature. (Photo: joSon via Getty Images)
L'école de la forêt propose des activités pour connecter avec la nature. (Photo: joSon via Getty Images)

L'école de la forêt propose des activités pour connecter avec la nature. (Photo: joSon via Getty Images)

NATURE - Quitter les salles de classe pour un grand bol d’air frais, n’est ce pas le rêve de tous les enfants? Ce n’est plus un songe aujourd’hui. De plus en plus d’écoles mettent en place des initiatives pour faire classe dans la nature, suivant une pédagogie bien précise. Celle-ci est développée dans l’ouvrage L’école de la forêt. Coécrit par la journaliste Pascale D’Erm et le réseau de pédagogie par la nature, paru aux éditions La Plage, il explique ce système d’éducation et propose un large panel d’activités à faire en forêt.

Suivant le principe “prendre soin de soi, des autres et de la nature”, ces jeux visent à développer les sens, l’intelligence émotionnelle, les connaissances de la forêt ou encore la communication et la coopération. Et entre les brindilles et les pommes de pin, les traces et les cris d’animaux, les arbres, l’eau et les fleurs, la forêt regorge de ressources et les possibilités d’activités sont énormes.

Nous vous en avons sélectionné cinq issues du livre, que nous reproduisons ci-dessous:

1. Mon ami l’arbre

L'idéal pour passer un moment au calme pour l'enfant avec
L'idéal pour passer un moment au calme pour l'enfant avec

L'idéal pour passer un moment au calme pour l'enfant avec "son ami" arbre (Photo: ©Pascale d’Erm (autour du feu))

À partir de:

  • 3 ans

Cette activité développe:

  • la coopération

  • la communication

  • la confiance

  • le prendre soin

Les enfants sont en binômes; à tour de rôle, les yeux bandés (ou fermés, si l’enfant est plus à l’aise comme cela), ils sont guidés par leur camarade vers un arbre. Le guide va prendre soin de son camarade, en ralentissant le pas, indiquant s’il y a des obstacles ou des branches à éviter.

Toujours les yeux fermés (surtout, ne pas enlever le masque ou le foulard tout de suite!), ils vont toucher son écorce, évaluer le nombre de branches basses, leur localisation, sentir et humer les arômes qui s’en dégagent, et ensuite ils vont essayer de le retrouver une fois la vue retrouvée. Pour cela, l’enfant est ramené au centre du terrain par son binôme et son masque retiré.

Ensuite son camarade l’accompagne dans ses recherches, lui soufflant des indices au besoin. Une fois l’arbre retrouvé, l’enfant peut passer un moment au calme près de “son ami” l’arbre. S’il ne le retrouve pas, ce n’est pas grave, il s’en choisit un autre !

Variante

Pour les plus petits, un binôme adulte-enfant peut être pertinent, surtout lorsqu’il est temps de se laisser guider par le jeune enfant. Une belle opportunité de faire confiance et de lâcher prise !

L’avis de l’autrice Pascal D’Erm

“La vue est un sens dominant pour nous et ce jeu nous apprend à développer le sens du toucher. Il y aussi un attachement émotionnel que l’enfant garde avec son arbre tout au long de l’année.”

2. Peinture et sculpture de boue

Contrairement aux idées reçues, la boue de la forêt est en fait très propre (Photo: ©Pascale d’Erm (autour du feu))
Contrairement aux idées reçues, la boue de la forêt est en fait très propre (Photo: ©Pascale d’Erm (autour du feu))

Contrairement aux idées reçues, la boue de la forêt est en fait très propre (Photo: ©Pascale d’Erm (autour du feu))

À partir de:

  • 6 mois

Cette activité développe:

  • la coopération

  • l’imaginaire

  • la communication

Si la boue est parfois qualifiée de sale, la boue de la forêt est en fait très propre; il est aussi prouvé qu’elle renforce le système immunitaire et booste la santé mentale. En plus, la boue part à la machine, alors que les souvenirs de bons moments en nature, eux, ne s’en vont pas! Du fond du cœur, nous invitons petits et grands à peindre avec de la boue sur du papier, du tissu (un grand drap), les arbres… avec un bâton, des pinceaux nature (une branche avec un peu de mousse, des feuilles en son extrémité, une plume…), ou bien juste avec les mains, les pieds…

On peut aussi faire des sculptures de boue – des visages sur les arbres, ou bien, en 3D, des châteaux de boue, des tours de boules de boue (boules de boue de différentes tailles empilées les unes sur les autres que l’on peut les recouvrir de matériaux différents si l’on veut : terre sèche, mousse, herbe, etc.).

Variantes

Lancer de boules de boue sur une cible ou un rideau de douche transparent (possibilité d’être derrière le rideau pour rigolades garanties).

Dorogando: art japonais de la boule de boue polie.

L’avis de l’autrice Pascal D’Erm

“Il y a quelque chose d’extrêmement libérateur à se salir avec la boue, à rebours de l’éducation qu’ils ont reçu. Qui plus est, peindre avec de la boue est un geste artistique très ancien qui renvoie à la créativité des premiers humains aujourd’hui bridée par une société hygiéniste.”

3. Le tableau nature

L'occasion de découvrir pleins de petits trésors de la nature (Photo: Pascale d’Erm (autour du feu))
L'occasion de découvrir pleins de petits trésors de la nature (Photo: Pascale d’Erm (autour du feu))

L'occasion de découvrir pleins de petits trésors de la nature (Photo: Pascale d’Erm (autour du feu))

À partir de:

  • 2 ans

Cette activité développe:

  • l’attention

  • l’observation

L’adulte collecte 5 ou 6 “trésors” de la forêt (pommes de pin, feuilles d’arbre, brins d’herbe, petites branches, cailloux...) - de préférence au sol. Il les dispose sur un tissu, tel un tableau de nature, et les enfants ont 30 secondes pour bien le fixer dans leur mémoire. Ensuite, ils ferment fort les yeux pour capturer l’image mentale de ce qu’ils ont vu, tel un appareil photo. L’adulte recouvre le tableau de nature d’une petite nappe et les enfants doivent alors trouver dans la forêt les mêmes “trésors” et reconstruire le tableau.

Ne pas hésiter à remontrer le tableau si un enfant n’a pas trouvé (il s’agit d’un jeu!) et même à inverser les rôles - les enfants préparent un tableau à reconstituer pour les adultes.

L’avis de l’autrice Pascale D’Erm

“Les enfants se concentrent sur des détails de la nature qu’ils survolent habituellement sans vraiment les voir. Ils deviennent beaucoup plus observateurs.”

4. Le miracle d’eau et de glace

Le miracle d'eau et de glace est l'occasion d'échanger avec les enfants sur le cycle de l'eau (Photo: ©Ruth Joiner (Association L’École buissonnière))
Le miracle d'eau et de glace est l'occasion d'échanger avec les enfants sur le cycle de l'eau (Photo: ©Ruth Joiner (Association L’École buissonnière))

Le miracle d'eau et de glace est l'occasion d'échanger avec les enfants sur le cycle de l'eau (Photo: ©Ruth Joiner (Association L’École buissonnière))

À partir de:

  • 4 ans

Cette activité développe:

  • la créativité

  • l’émerveillement

  • les sens

  • la compréhension du monde

Un jeu à faire en hiver, bien sûr, mais également toute l’année si vous disposez d’un congélateur!

Les enfants commencent par collecter divers éléments à suspendre dans la glace: pommes de pin, brindilles, cupules de glands, feuilles mortes, petites pierres, plumes… Ils choisissent des récipients divers et les remplissent d’eau. Les enfants déposent leurs objets dans l’eau – certains coulent, d’autres flottent: c’est déjà une source d’amusement.

Ensuite, une fi celle est placée dans le récipient, les deux extrémités pendent hors de l’eau. Quelques gouttes de teinture naturelle (jus de betterave…) ou de colorant alimentaire peuvent égayer l’œuvre glacée. Ensuite, reste à mettre les récipients dehors (ou au congélateur) pour la nuit. Les jours suivants, on sort les petits mobiles et on les suspend à une branche d’arbre. La lumière qui s’y reflète illuminera les yeux des petits…

Cette œuvre d’art hivernale est aussi l’occasion de rappeler aux enfants que l’eau nous constitue à 70%, qu’elle ruisselle, s’évapore, coule selon un cycle immuable depuis des millions d’années. La transformation de l’eau liquide en glace et son retour à l’état fluide sera pour eux l’occasion d’échanger sur les cycles, les transformations, le changement.

L’avis de l’autrice Pascale D’Erm

“Ce jeu permet de s’émerveiller avec l’eau qui est à la base de toute la vie.”

5. Proies et prédateurs

À partir de:

  • 4 ans

Cette activité développe:

  • la coopération

  • la résolution de problème

  • la communication

  • les sens

Alliant exploration de la notion de prédation et découverte du pistage, ce jeu fait souvent naître chez les enfants un fort esprit d’équipe. Tout d’abord, il faudra aider les enfants à se répartir en deux équipes: les proies et les prédateurs. À vous de décider ensemble quels animaux vous souhaitez incarner.

Les proies ont 10 minutes (ou tout autre temps décidé par le groupe) pour aller se cacher dans la forêt. Mais comme toute proie, les enfants de ce groupe vont laisser des traces de leur passage. Pour ce faire, ils vont marcher en file indienne en tirant une grosse branche derrière eux, marquant légèrement le sol. Après environ 8 minutes de marche, les proies s’arrêtent et se cachent aux abords de là où leurs traces se sont arrêtées.

Une fois les 10 minutes écoulées, les prédateurs partent à la recherche des proies, observant les indices de leur passage. Il est possible de fixer un temps limite pour que les prédateurs trouvent toutes les proies, ou permettre à toute proie non trouvée de bondir pour surprendre les prédateurs. C’est amusant pour les enfants (même si ce n’est pas vraiment ce qui se passe dans le monde animal, ce qui leur est expliqué).

VARIANTE

Il est possible de laisser des flèches faites avec des bâtons au sol pour marquer le chemin de l’équipe proies, mais aussi des bouts de laine naturelle d’une couleur assez neutre, ou bien encore de toutes petites pincées de farine jetées au sol ou sur les arbres. Ces différents marquages créeront des niveaux de difficultés différents.

L’avis de l’autrice Pascale D’Erm

“Il est parfois difficile pour les enfants de nommer des prédateurs à part le loup, le renard et le lion. Ce jeu leur apprend ce qu’est une proie, un prédateur, qui mange qui, et la chaîne alimentaire.”

Les activités de L'école de la forêt ont pour but d'apprendre la nature aux enfants (Photo: Éditions La Plage)
Les activités de L'école de la forêt ont pour but d'apprendre la nature aux enfants (Photo: Éditions La Plage)

Les activités de L'école de la forêt ont pour but d'apprendre la nature aux enfants (Photo: Éditions La Plage)

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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