Il y a 3500 ans, les Cananéens consommaient-ils de l’opium pour célébrer les défunts ?

George Chernilevsky / Wikimedia Commons

Des résidus d'opium identifiés sur le site cananéen de Tel Yehud en Israël constituent la première preuve matérielle de son utilisation dans le Levant.

Des résidus d’opium issu du pavot (Papaver somniferum L.) ont été détectés dans des récipients en argile datant du 14e siècle avant notre ère sur le site de Tel Yehud, en Israël. Selon les chercheurs de l’Autorité des antiquités d'Israël, de l’université de Tel Aviv et de l’Institut Weizmann des sciences, les Cananéens, qui habitaient alors la région aujourd’hui située près de Tel Aviv, ont sans doute recouru à cette substance psychoactive dans le cadre de rituels funéraires, que ce soit en guise d’offrande, ou lors d’un repas de célébration. Ils se félicitent donc dans la revue Archaeometry d’avoir découvert ce qui serait la plus ancienne preuve de consommation d’opium dans le Levant ; c’est en tout cas la première fois que l’on en retrouve des traces dans des céramiques, et plus particulièrement dans des poteries chypriotes dont la forme rappelle celle… de la fleur de pavot.

Il y a 3500 ans, les Cananéens consommaient de l’opium pour célébrer les défunts

L’utilisation des substances hallucinogènes dans le Levant (l’actuel Proche-Orient) ancien fait l’objet d’un long débat qui n’est pas encore tranché. Les tablettes sumériennes en écriture cunéiforme sont les premières à évoquer l’extraction d’opium en Asie mineure vers 3000 avant notre ère, mais les preuves archéologiques étayant l’usage de cette drogue dans la région sont pratiquement inexistantes. Dès 1962, l’archéologue australien Robert S. Merrillees a toutefois souligné le rôle qu’ont dû jouer des céramiques en forme de capsule de pavot inversée, fabriquées à Chypre et importées dans le Levant ; il présume qu’elles ont servi au commerce de l’opium, mais d’autres chercheurs pensent qu’elles devaient plutôt contenir des huiles aromatiques.

Ces cruches dénommées "Base-Ring" (littéralement base-anneau), car elles présentent, selon la description des chercheurs, "un corps arrondi, un long col penché vers l’anse, un bord en forme d’anneau, une anse rayée et une base élevée en forme d’anneau", font justement partie [...]

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