Dans des écoles de Papouasie, des soldats et policiers en uniforme remplacent les instituteurs

Photo Beawiharta/REUTERS

La dernière attaque contre une école remonte au 30 mars dernier. Des “criminels armés” – expression employée par le gouvernement indonésien pour désigner les combattants de l’Armée de libération de la Papouasie occidentale – ont incendié un établissement scolaire et agressé deux instituteurs dans le district montagneux d’Intan Jaya, en Papouasie.

Dans un article publié initialement dans The Conversation et repris par Koran Tempo, Uning Musthofiyah, chercheuse à l’université Victoria de Wellington, en Nouvelle-Zélande, raconte comment, pour faire face à la désertion du corps enseignant, “le gouvernement a déployé des militaires et des policiers dans les classes pour faire l’école aux enfants. Ils sont vêtus de leurs uniformes et portent des coiffes traditionnelles papoues. Ils viennent chercher les écoliers dans des véhicules de patrouille.”

Le “traumatisme du treillis”

Certains parents apprécient cette nouvelle fonction des forces de sécurité dans les écoles, qu’ils trouvent rassurante. Mais beaucoup refusent que leurs enfants soient éduqués par des soldats et des policiers. “L’Église a également exprimé sa désapprobation, parce que cette politique n’est pas conforme aux directives pédagogiques nationales et peut provoquer un traumatisme chez les écoliers”, précise le quotidien.

Selon Sophie Chao, une anthropologue australienne, les populations papoues d’Indonésie souffrent du “traumatisme du treillis”, une phobie qu’ils éprouvent à la seule vue des uniformes de l’armée indonésienne, synonyme pour eux de brutalité et de violence.

Le mal couve toujours

Koran Tempo se fait régulièrement l’écho des violations des droits humains dans cette province que l’Indonésie a intégrée à son territoire en 1969 par un référendum biaisé, dit “Acte de libre choix”, mais validé par l’ONU. Début août, le quotidien citait le chiffre de 60 000 à 100 000 réfugiés papous ayant fui leurs villages depuis 2018 par crainte des razzias de l’armée, qui traque les combattants indépendantistes. Certains ont franchi la frontière jusqu’en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Des milliers d’autres sont toujours terrés dans les forêts.

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