Non à la traque des médias !

La liste des journalistes victimes d’un harcèlement
judiciaire en Tunisie ne cesse de s’allonger, et pour la seule journée du 13 septembre, ils étaient trois à comparaître devant la justice. “Le vendredi 13 septembre 2013 est une journée noire qui marquera l’histoire de la troïka, la coalition au
pouvoir conduite par le parti islamiste Ennahda, qui n’a rien compris de la
liberté d’expression, s’acharne contre les médias et cherche à imposer sa…
ligne éditoriale”, rapporte Kapitalis, qui cite Dalila M’Saddek, l’un des 50 avocats engagés pour défendre les trois journalistes – Tahar Ben Hassine, Zied El-Heni
et Zouhaïr Jiss – poursuivis en justice par les autorités publiques.

Zouhair El-Jiss, journaliste à la radio ExpressFM, poursuivi
à la suite d’une plainte déposée par le président Moncef Marzouki pour “fausses
informations pouvant troubler l’ordre public et outrage au président”, a
finalement été relaxé après le désistement de la présidence de la République. El-Jiss
avait interviewé en mars Salem Zahran, un journaliste libanais, qui avait déclaré que
le président Moncef Marzouki percevait un salaire de 50 000 dollars [37 000 euros] versé
par la chaîne Al-Jazira.

Tahar
Ben Hassine, directeur de la chaîne Al-Hiwar Ettounsi, est accusé de
“complot contre la sûreté intérieure de l’Etat”. Son audience a été reportée
au 30 septembre. Le patron d’El-Hiwar doit encore passer devant le tribunal les 19 et 20 septembre, pour d’autres affaires relevant de la diffusion de”
fausses nouvelles” ou d‘ “incitation
à la désobéissance”. Ben Hassine, ancien opposant de gauche, a fait de sa chaîne – qu’il a fondée en 2003 – une tribune contre le gouvernement dirigé par le parti islamiste Ennahda et a rejoint le parti d’opposition Nidaa Tounes, dirigé par l’ancien Premier ministre [du 27 février au 26 décembre 2011] Béji Caïd Essebsi.Arrêté pour avoir filmé un lancer d’œuf

Zied El-Heni, rédacteur en chef du
journal Essahafa et dirigeant syndicaliste, est accusé de “diffamation et attribution d’actes illégaux à un fonctionnaire de l’Etat”.
Transféré le 13 septembre à la prison de Mornaguia, El-Heni
a passé le week-end en prison avant d’être libéré provisoirement le 16, en
contrepartie d’une caution. Son affaire a été transférée à Sousse, où elle sera
examinée le 24 septembre. “Son accusation est liée à ses
déclarations sur Nessma TV concernant un procureur de la République, Tarek
Chkiwa. Zied El-Heni risque deux ans de prison et une amende, malgré le fait que
l’article sur lequel s’est fondée l’accusation remonte au décret beylical du 9 juillet 1913 et a été abrogé depuis la promulgation du code de la presse en 1975”, signale le site Webdo.

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