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Zone interdite - "Les boomers, vous nous faites ch***", "Il a la haine de naissance contre les jeunes ? ", "C'est dingue cette mentalité" : les propos d'un patron sur les jeunes qui n'ont pas "le mental" mettent le feu à Twitter

Capture écran M6 direct/Zone interdite
Capture écran M6 direct/Zone interdite

Des propos qui ont suscité le débat chez les internautes. Ce dimanche 26 février 2023 dans Zone Interdite sur M6, le patron d'une entreprise d'artisans couvreurs a regretté l'attitude des jeunes. Selon lui, ces derniers manquent de "mental" dans le domaine professionnel et sont plus intéressés par le salaire que par le métier en lui-même. Sur Twitter, deux générations ont défendu leur vision du travail.

En France, 3 millions de femmes et d'hommes sont artisans. Mais bien qu'il s'agisse d'un maillon essentiel de notre économie, des filières entières sont menacées. Zone interdite sur M6 s'est penchée sur cette problématique ce dimanche 26 février 2023. Avec une question plus précise soulevée par Ophélie Meunier : les 500 000 postes à pourvoir dans le secteur n'intéressent plus les jeunes. Comment leur donner envie de reprendre le flambeau ? Pour illustrer ce thème, les caméras d'M6 ont suivi le chocolatier Édouard Hirsinger, en pleine opération séduction pour convaincre ses enfants de reprendre l’affaire familiale. Elles ont aussi permis aux téléspectateurs de faire la connaissance de Florentin, qui a ignoré les remarques de ses professeurs pour se lancer pleinement dans sa passion pour l'ébénisterie. À 23 ans, il prépare le championnat du monde des métiers, les Worldskills", pour lequel il doit fabriquer un secrétaire de bureau en un temps record.

À Albi dans le Tarn, c'est l'entreprise familiale de poteries artisanales que Lore tente de sauver. Avec l'augmentation du prix du gaz, la cheffe d'entreprise a vu ses coûts de fabrication s'envoler drastiquement. De plus, son activité est menacée par la concurrence étrangère à bas coût. Si ces trois récit d'artisans ont été abondamment commentés sur Twitter, le cas qui a le plus fait réagir est celui d'une entreprise de couvreurs. Eddie, couvreur depuis 30 ans, forme un apprenti prénommé Milan. Pour sa première mission, le jeune Auvergnat de 21 ans doit aider à couvrir des balcons parisiens d'une couche de plomb. Mais difficile de travailler sur des pierres vieilles de 200 ans, particulièrement fragiles....

Milan commet quelques impairs, mais son patron Eddie reste encourageant. Et pour cause, pour espérer convaincre les jeunes de se former au métier, il ne doit pas les faire fuir. "C'est un peu de travail, mais c'est important pour la relève de donner l'amour du métier " explique-t-il aux caméras. Au siège de l'entreprise, le directeur prénommé Julien, tente lui d'attirer les jeunes sur ce qu'il considère être leur terrain : les réseaux sociaux. L'affaire est urgente, car des chantiers sont déplacés par manque de main d'œuvre.

"Cette génération d'exploités qui veulent que leurs enfants le soient aussi"

Mais les retours qu'il obtient ne sont pas à la hauteur de ses espérances. Devant les journalistes, le directeur lit avec dépit les messages qu'il reçoit de la part des jeunes. Ceux-ci lui demandent prioritairement des précisions sur les horaires, le salaire ou encore la prise en charge de la carte de transports. De quoi provoquer une pointe d'agacement chez lui. "Les gens vous parlent tout de suite d'argent sans avoir discuté en face à face", regrette alors Julien qui considère que les jeunes n'ont plus "le mental" : "dès que ça devient trop compliqué, ils abandonnent, c'est trop dur, il fait trop froid etc. Dès qu'il y a un problème de transport, ils ne vont pas venir etc" se plaint-il, alors qu'un quart des jeunes recrutés dans son entreprise abandonnent en cours de route.

L'une des causes selon lui : une perte de la valeur de l'effort, et de réalisme financier. "C'est sûr que quand vous êtes influenceur à Dubaï et qu'on vous donne des millions pour faire le débile à la TV..." lance-t-il à titre de comparaison. Un peu plus tard, il s'est rendu sur le chantier où Milan officie pour contrôler le bon déroulé des opérations mais aussi recadrer un peu l'apprenti, jugé trop nonchalant. "On veut un peu plus de jus, c'est un état d'esprit, tu vas t'adapter, pas le choix", lui a-t-il lancé dans le but de le faire réagir. Cette réflexion est intervenue peu de temps après celle du patron de Milan, Eddie qui a lui déclaré : "la nouvelle génération, il ne faut pas les brusquer j'ai remarqué". Sur Twitter, ces propos ont nettement divisé, voire suscité le débat. Certains internautes ont abondé dans leur sens, jugeant comme eux la nouvelle génération peu tournée vers l'effort, voire "flemmarde".

 

D'autres au contraire, ont pris la défense des jeunes visés par cette critique. Selon eux, la génération Z a compris que le travail ne devait pas être synonyme de sacrifice ni d'exploitation. Et leur refus de travailler dans des conditions difficiles ou pour une entreprise peu rémunératrice est tout à fait justifié. Parmi ces défenseurs figurait sans grande surprise un grand nombre de représentants de la Gen Z, prompts à qualifier le chef d'entreprise du reportage de "boomer".

Vidéo. Découvrez le portrait d'Ophélie Meunier