« Zone Interdite » sur l’islamisme : deux témoins portent plainte contre les auteurs du reportage

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Thomas PADILLA / Stéphane RUET / Agence 1827 / Fun Radio

TÉLÉVISION - Deux personnes interrogées dans un reportage sur l’islamisme radical à Roubaix diffusé début 2022 dans l’émission Zone interdite (M6) ont porté plainte à Paris, dénonçant escroquerie et incitation de la part des auteurs du sujet et de la chaîne, a appris l’AFP ce mercredi 25 janvier auprès de leur avocat.

L’émission du 23 janvier 2022 avait valu des menaces de mort, notamment à la présentatrice Ophélie Meunier qui avait été placée sous protection policière. Ces menaces font l’objet d’enquêtes pénales.

Zone interdite avait aussi suscité des critiques de fond, Arrêt sur images par exemple évoquant des « emails et messages trompeurs » des auteurs du reportage.

« Rapidement, certaines personnes figurant dans le reportage dénonçaient une trahison de la ’journaliste’ ayant réalisé le reportage et affirmaient avoir été trompées, manipulées et escroquées », rappelle Me Jean-Christophe Basson-Larbi dans un communiqué à l’AFP.

« Elles avaient accepté d’intervenir sur le sujet de la laïcité afin de promouvoir son respect et le vivre-ensemble pour finalement se voir stigmatisées et assimilées à de dangereux islamistes radicaux grâce aux artifices coupables d’un montage tendancieux et falsifié, d’une voix off à charge, et d’une musique anxiogène », ajoute-t-il.

Deux plaintes contre M6

« Parmi ces victimes (...) figurent l’étudiante Lilia Bouziane - qui avait immédiatement dénoncé publiquement la trahison dont elle avait été victime - ainsi qu’un ancien chauffeur de la RATP dont les propos ont été trafiqués », d’après lui.

Ces deux personnes ont déposé deux plaintes lundi à Paris contre la réalisatrice, la société Tony Comiti Productions et le groupe M6.

Une première plainte simple vise les infractions d’escroquerie, recel d’escroquerie et atteinte à la représentation des personnes. Une seconde plainte avec constitution de partie civile vise la provocation à la haine en raison de la religion et la publication d’informations fausses de nature à troubler la paix publique. D’après Me Basson-Larbi, ses clients « restent durablement marqués et meurtris » par ce reportage.

Sollicité par l’AFP, M6 n’était pas encore en mesure de répondre. « Tony Comiti est extrêmement fier de ce document qui a participé à ce qui est l’essence même du journalisme, investiguer, informer et faire bouger les lignes, malgré les menaces et les risques », a réagi l’avocat de la société de production, Me Richard Malka, qui « attend très sereinement ce débat judiciaire ».

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