Deux nouveaux témoignages accusent Éric Zemmour d'agression sexuelle

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Deux jeunes femmes accusent Eric Zemmour d'agression sexuelle (Photo : JOEL SAGET/AFP via Getty Images)

Quelques semaines après le témoignage publié sur Facebook par une élue d'Aix-en-Provence, deux jeunes femmes ont à leur tour accusé le polémiste de gestes et propos déplacés.

Les accusations se multiplient contre Éric Zemmour. Il y a un mois, Gaëlle Lenfant, conseillère municipale d'Aix-en-Provence et ancienne membre du Parti Socialiste, avait mis en cause l'essayiste dans un post sur Facebook, affirmant que ce dernier l'avait embrassée de force lors d'une Université d'été du PS il y a une quinzaine d'années. À la suite de ce témoignage, plusieurs autres jeunes femmes avaient fait état de gestes ou d'attitudes déplacés de la part de l'écrivain conservateur.

Une main sur la cuisse lors d'un rendez-vous professionnel

Alors qu'aucune procédure judiciaire n'a été ouverte depuis et que le polémiste a été confirmé dans ses fonctions par ses employeurs CNews et Le Figaro, un article publié ce dimanche par Mediapart relaie deux nouveaux témoignages de jeunes femmes affirmant avoir été agressées sexuellement par Éric Zemmour.

Le premier porte sur des faits qui se seraient produits en avril 2018. La jeune femme en question, âgée de moins de 30 ans et attachée de presse de profession, aurait d'abord subi un geste déplacé de la part du polémiste dans le cadre d'un rendez-vous professionnel dans un café parisien. Elle affirme ainsi qu'au cours de l'entrevue, Éric Zemmour aurait "glissé une main pour la poser sur [sa] cuisse".

"J'attendrai que vous m'invitiez chez vous pour vous violer !"

"Je n’ai vraiment pas compris ce geste, alors que le contexte n’était absolument pas celui d’une séduction", explique la jeune femme à Mediapart. J’étais vraiment embarrassée et lui ai fait comprendre que sa main n’avait rien à faire là et qu’il fallait qu’il l’enlève. Ce qu’il a fait." 

Les choses ne se sont cependant pas arrêtées là. La jeune femme affirme ainsi qu'à la suite de leur rendez-vous professionnel, elle a continué à échanger avec Éric Zemmour par SMS. Rapidement, la conversation s'oriente sur le "rapport hommes-femmes" et l'essayiste, après avoir affirmé qu'il "n'aime pas la séduction", conclut par un glaçant : "Alors j'attendrai que vous m invitiez chez vous pour vous violer !"

Le SMS authentifié par un huissier

"Quand j’ai lu ça, je suis tombée de dix étages, se souvient la destinataire du message. J’ai fait la morte, je n’ai plus rien dit et j’ai prévenu un ami." Les échanges se sont donc arrêtés là, mais la jeune femme et plusieurs de ses proches affirment qu'elle s'est ensuite sentie "en danger" pendant plusieurs semaines, car elle "avait peur qu’il passe à l’acte".

Plus d'un an plus tard, en décembre 2019, la victime présumée a d'ailleurs fait authentifier le SMS en question par un huissier, afin de "garder cette preuve si un jour d’autres femmes étaient amenées à parler". En l'occurrence, l'article de Mediapart mentionne justement d'autres accusations portées par une journaliste.

"Je n'étais pas consentante, j’avais clairement dit non"

Cette dernière affirme qu'Eric Zemmour l'aurait agressée sexuellement à la fin des années 1990, alors qu'elle était stagiaire au Figaro. Après un rendez-vous que la jeune femme, alors âgée de 21 ans, pensait strictement professionnel, mais au cours duquel l'essayiste avait fait "des propositions très claires pour des relations intimes", celui-ci l'aurait suivie jusque dans l'ascenseur de l'immeuble du Figaro, où il l'aurait "embrassée de force".

"Ça s’est passé très vite, je n’ai pas eu le temps de réagir, il est sorti, témoigne la victime présumée. Je n’étais pas consentante, j’avais clairement dit non. J’étais bouche bée. C’était très méprisant comme attitude." La jeune femme aurait ensuite gardé le silence sur cette agression car elle craignait que "la parole d’une petite stagiaire" n'aurait aucun poids et qu'en parlant, elle aurait certainement "pénalisé" sa carrière débutante de journaliste. Reste désormais à savoir si ces nouveaux témoignages donneront lieu à des suites judiciaires.

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