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Zelensky, l’heure du doute

C’est l’autre guerre. Celle dont la presse étrangère, tout entière focalisée sur le Moyen-Orient, parle forcément moins aujourd’hui. Elle est pourtant loin d’être finie, et c’est pour cela que nous avons choisi d’y consacrer notre une cette semaine.

En février, cela fera deux ans que la Russie de Vladimir Poutine a envahi l’Ukraine, violant toutes les règles du droit international. Après avoir fait mieux que résister la première année, les Ukrainiens marquent le pas, à l’image de leur président, Volodymyr Zelensky, dont la stratégie est aujourd’hui contestée : en interne, notamment par le très populaire chef d’état-major des forces armées, Valeriy Zaloujny ; mais aussi par une partie de sa population, qui semble se lasser d’une guerre qui n’en finit plus et qui semble aujourd’hui impossible à gagner. Une lassitude qui a aussi gagné les alliés occidentaux de Kiev.

“Les Ukrainiens ont clairement gagné la bataille en 2022. La guerre éclair des Russes est un échec”, explique Balazs Jarabik, politologue slovaque, à l’hebdomadaire hongrois Heti Vilaggazdasag. Mais, depuis, le vent a tourné. “L’année 2023 penche plutôt pour les Russes. Le dénouement du conflit dépend en premier lieu de l’ampleur de l’aide occidentale. L’année 2024 sera décisive”, avance cet ancien diplomate à Kiev, qui insiste sur l’importance de la crise politique intérieure ukrainienne dans la suite du conflit.

C’est cette fragilité que nous avons voulu décrypter dans ce dossier. En donnant la parole avant tout aux Ukrainiens, pour tenter de comprendre leur état d’esprit au moment où le monde paraît détourner le regard et où eux-mêmes se divisent.

“Alors que le soutien de l’Occident s’étiole, Kiev doit faire preuve de franchise quant à l’évolution de la guerre et ce qu’il faudra pour en inverser la tendance”, écrit ainsi Svitlana Morenets dans l’hebdomadaire britannique The Spectator. Pour cette journaliste ukrainienne, le président Zelensky, qui s’obstine “à ne brosser qu’un tableau positif de la situation”, doit la vérité à ses compatriotes, et cette vérité n’est pas forcément facile à entendre. La grande contre-offensive du printemps est un échec. “Au bout de cinq mois de combats sanglants, l’Ukraine n’a avancé que d’une quinzaine de kilomètres.”

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