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Zéro reste à charge, numerus clausus... Macron a-t-il tenu ses promesses pour la santé?

Emmanuel Macron à l'hôpital sud francilien de Corbeil-Essonnes le 6 janvier 2022 - Ludovic MARIN / POOL / AFP
Emmanuel Macron à l'hôpital sud francilien de Corbeil-Essonnes le 6 janvier 2022 - Ludovic MARIN / POOL / AFP

Le président, qui présente ses premiers vœux aux soignants ce vendredi, a mis en œuvre plusieurs dispositions phares de son programme de 2017. Mais la vente des médicaments à l'unité, qui aurait pu faciliter l'approvisionnement très délicat en antibiotiques ces dernières semaines, ou le tiers-payant généralisable n'ont pas eu lieu.

Très attendu par le monde hospitalier en grande souffrance depuis plusieurs années, Emmanuel Macron leur présente ses vœux ce vendredi. Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement, a promis sur BFMTV "un discours qui fera date" tandis que l'Élysée devrait faire des annonces "très concrètes".

L'exécutif a multiplié les promesses depuis 2017, avec un succès variable. Le Ségur de la santé, critiqué des soignants tout en ayant permis des augmentations de salaires, ne faisait pas partie de ses propositions de campagne mais directement lié à l'impact de la crise Covid.

Promesse de 2017, Emmanuel Macron a voulu, pendant son premier quinquennat, en finir le "gâchis" du numerus clausus qui plafonnait le nombre d'étudiants accédant à la seconde année de médecine et donc des médecins à l'issue de leurs études. Ce dispositif était régulièrement vu comme l'une des explications aux déserts médicaux.

Depuis septembre 2021, le nombre de places en deuxième année de médecine est désormais déterminé par les universités, en fonction des"besoins de santé du territoire". Mais avec des études plutôt longues, les résultats de cette réforme ne se verront pas avant plusieurs années concrètement sur le terrain.

Pour faire face à la raréfaction des médecins sur le territoire, le président avait annoncé vouloir doubler le nombre de maisons de santé qui permet de réunir dans le même lieu des généralistes et des spécialistes, avec parfois des paramédicaux comme des infirmiers ou des kinésithérapeutes.

Alors qu'on en décomptait 1118 en France en 2017, elles étaient 2020 en 2022.

Alors candidat, Emmanuel Macron avait promis que son quinquennat serait marqué par la prise en charge à 100% de certaines lunettes, des prothèses dentaires et des appareils auditifs par la sécurité sociale et les complémentaires santé.

La réforme votée en 2018 s'est faite au fur et à mesure. À partir du 1er janvier 2019, les assurés ont pu bénéficier de paniers d'offres qui ont été de mieux en mieux remboursés jusqu'au remboursement total début 2021. Avec cependant un bémol: une majorité des opticiens et des audioprothésistes n'appliquent pas correctement la réforme.

La généralisation de la vente des médicaments à l'unité avait été fixée comme un objectif lors du premier quinquennat du président. Sous l’impulsion de Marisol Touraine, alors ministre de la Santé, la mesure avait déjà fait l'objet d’une expérimentation sur les antibiotiques pendant la présidence de François Hollande.

La mesure a finalement été votée en décembre 2019, avec l’objectif d’une entrée en vigueur au plus tard le 1er janvier 2022. Un an plus tard, si les textes d'application ont bien été votés, ils ne sont manifestement toujours pas appliqués, notamment face à la résistance des laboratoires.

En pleine tension ces dernières semaines sur l'approvisionnement de certains des antibiotiques les plus prescrits en France, comme l'amoxicilline, le ministère de la Santé a recommandé aux pharmacies la délivrance à l'unité - sans grand succès jusqu'ici.

Sujet épineux pour les médecins, Emmanuel Macron avait proposé de déployer le tiers-payant - ce dispositif qui permet de ne pas avancer de frais chez les professionnels de santé - de façon "généralisable, simple et efficace", "sans contrainte" pour les généralistes.

Mais quelques mois après la campagne présidentielle de 2017, l'inspection générale des affaires sociales juge la mesure "irréaliste" et évoque "des freins techniques" de la part des mutuelles. Alors qu'il devait finalement être opérationnel fin 2019 sous l'impulsion d'Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé, le dispositif n'est pas déployé et entièrement stoppé avec la crise du Covid-19.

Alors que les généralistes réclament désormais le passage du prix de la consultation de 25 euros à 50 euros, le tiers-payant généralisable ne devrait pas aboutir.

Article original publié sur BFMTV.com

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