Yanis, 8 ans, mortellement fauché par une voiture : "Il a été broyé, scalpé, il s'est battu comme un lion pour survivre"

Akim Metlas (Capture d'écran)

Viols, agressions, deuils insurmontables, accidents de la vie : dans "Trauma", anonymes et célébrités reviennent pour Yahoo sur un traumatisme qui a bouleversé leur vie.

Cela fait des mois qu’il pleure la mort de son fils. La vie d’Akim Metlas a basculé le jour où son petit garçon de 8 ans s’est fait mortellement faucher par une voiture sur un passage piéton. Pour "Trauma", le nouveau format de Yahoo, ce père de famille, dont l’existence a été brisée, a accepté de revenir sur cette tragédie.

Inconsolable. Depuis le 5 février 2022, Akim Metlas n’est plus le même. Il n’a plus le goût de sourire et vit chaque nouvelle journée comme un supplice. Cela fait des mois qu’il pleure la mort de son fils Yanis, mortellement fauché par une voiture près du lac de Villeneuve-de-la-Raho dans les Pyrénées-Orientales. Une terrible tragédie dont lui et sa femme ne se remettront probablement jamais.

"Elle ne s'arrête pas, prend la fuite et roule sur Yanis, traîné sur 22 mètres"

Cet accident, Akim s’en souvient dans les moindres détails. Ce jour-là, tout bascule. Un véhicule, lancé à toute vitesse, percute son fils de plein fouet alors qu’il se trouvait sur un passage piéton. "Le choc est tellement violent qu’il est projeté vers le haut et tape le pare-brise", se souvient son père avec émotion. La conductrice, elle, ne s’arrête pas. Elle prend la fuite et roule sur Yanis. Le petit est traîné sur 22 mètres.

Pendant ce laps de temps, interminable, le jeune garçon vit un véritable enfer. "Il sent ses côtes se casser les unes après les autres". Les clavicules se brisent tout comme le thorax et les os du fémur. Les deux poumons explosent. Yanis hurle, il est scalpé au niveau de la jambe mais il est vivant. Sa mère accoure vers lui, complètement affolée, il est à l’agonie. "À ce moment-là, Yanis trouve encore la force de lui passer la main autour de la tête, la tapote comme pour la rassurer".

De son côté, la conductrice de 57 ans s’arrête 600 mètres plus loin et téléphone à la gendarmerie. Non aux secours. Elle explique alors avoir percuté un petit garçon avant de mentionner son intention de joindre son fils, également gendarme.

"Il a tout simplement été broyé, mais il se battait comme un lion pour survivre"

Pour les parents de la victime, l’enfer ne fait que commencer. Alerté par la catastrophe, Akim se rend au plus vite sur les lieux du drame où il trouve pompiers et voitures de gendarmerie. "Je sens que c’est très grave", se rappelle-t-il, encore chamboulé par cette vision d’horreur. Autorisé à voir son fils, il rentre dans le véhicule de secours et le voit comme jamais il ne l’avait vu. "Il y a une ouverture, une plaie ouverte, ça saigne énormément. Il a tout simplement été broyé". Yanis est conscient et lui chuchote quelques mots malgré son extrême souffrance.

Peu de temps après, le jeune garçon fait son premier arrêt cardiaque. Les médecins y croient encore et parviennent à faire repartir son cœur. À l’hôpital il en fait un deuxième. Une nouvelle fois, il y survit. "Il se battait comme un lion". Malheureusement, cela n’a pas suffi. Plus tard dans la nuit, son état de santé dégringole et le couperet tombe. Yanis s’en est allé. Sa vie s’est arrêtée et avec elle, celle de ses proches.

"Ce bonheur de vivre, on l’a perdu pour toujours"

Depuis, Akim et sa femme vivent dans une douleur permanente. "Plus jamais on ne pourra voir la vie comme on la voyait. Ce bonheur de vivre, on l’a perdu pour toujours", explique-t-il avec souffrance. Pour lui, la peine est double. Il ne comprend toujours pas la raison pour laquelle la conductrice du véhicule n’est pas encore sous les barreaux.

Comme il le raconte, le fils de la quinquagénaire, gendarme de profession, l’aurait briefée le jour du drame afin qu’elle encoure la peine la moins lourde possible. Au poste de gendarmerie, elle change d’ailleurs très vite de version et n’en finira pas de se contredire au cours de ses auditions. Si elle avait admis, au premier coup de téléphone, avoir percuté un enfant, elle finira par affirmer avoir été éblouie par le soleil et avoir cru percuter "un volatile". Des contradictions dont se satisferaient les forces de l’ordre. Elle aurait été jugée "très cohérente" selon le rapport de personnalité.

Il réclame une "vraie" justice pour son fils

Le 28 septembre dernier au tribunal de Perpignan, cinq ans de prison avec sursis couplés d’un retrait de permis aménageable de 18 mois ont été requis contre la conductrice du véhicule. Une condamnation minime qu’il n’admet pas. "Tuer un enfant sur un passage piéton ne peut pas être accepté", regrette-t-il tout en dénonçant un conflit d’intérêts. Face à cette "injustice", Akim a fait appel et espère, avec son épouse, obtenir un complément d’enquête.

Pour continuer à avancer et permettre de vivre à nouveau, il réclame une "vraie" justice pour son fils, sans " régime de faveur". "On demande réparation au niveau pénal, elle nous a condamnés à la souffrance à vie, on ne verra plus jamais notre fils", conclu-t-il. Le délibéré sera rendu le 9 novembre prochain.

Retrouvez l'intégralité de l'interview d'Akim Metlas