Yémen: Les Etats-Unis menacent l'Iran de sanctions unilatérales

Les Etats-Unis ont menacé lundi de prendre des sanctions unilatérales à l'encontre de l'Iran, après que la Russie a opposé son veto à une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu soulignant la responsabilité de Téhéran dans la fourniture d'armes aux rebelles Houthis dans la guerre au Yémen. Nikki Haley (photo), l'ambassadrice américaine auprès de l'Onu, n'a pas précisé aux journalistes quelles actions pourraient être prises. /Photo prise le 24 février 2018/REUTERS/Eduardo Munoz

NATIONS UNIES/TEGUCIGALPA (Reuters) - Les Etats-Unis ont menacé lundi de prendre des sanctions unilatérales à l'encontre de l'Iran, après que la Russie a opposé son veto à une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu soulignant la responsabilité de Téhéran dans la fourniture d'armes aux rebelles Houthis dans la guerre au Yémen.

"Si la Russie continue de couvrir les agissements de l'Iran, les Etats-Unis et leurs alliés vont devoir prendre eux-même des sanctions", a affirmé l'ambassadrice américaine auprès de l'Onu lors d'un voyage au Honduras.

Nikki Haley n'a pas précisé aux journalistes quelles actions pourraient être prises.

La Russie a opposé son veto à une résolution soumise au Conseil de sécurité, lundi, dans laquelle étaient évoquées des inquiétudes après que des enquêteurs de l'Onu ont trouvé les preuves que l'Iran n'a pas respecté l'embargo imposé par l'Onu sur les armes à destination des rebelles chiites houthis.

Le projet de résolution a été soumis par la Grande-Bretagne, en consultation avec les Etats-Unis et la France.

Ce veto russe est une défaite pour Washington, qui milite depuis des mois pour que l'Iran soit sanctionné par les Nations unies et qui veut par ailleurs corriger les "terribles défauts" de l'accord sur le nucléaire iranien.

Donald Trump a accepté le 12 janvier, pour la "dernière fois", de prolonger la suspension des accords économiques contre l'Iran levées en vertu de l'accord de 2015 qui encadre les activités nucléaires de la République islamique.

"La décision sur l'accord sur le nucléaire ne va pas dépendre de ce vote, mais je peux dire que ça n'aide pas", a déclaré Haley. "Cela a simplement confirmé ce que nous pensions : l'Iran bénéficie d'un passe-droit pour son comportement dangereux et illégal."

Le projet de résolution soumis par la Grande-Bretagne avait pour but de mentionner pour la première fois l'implication de l'Iran dans la fourniture d'armes aux rebelles Houthis au Yémen.

En définitive, la résolution adoptée lundi prévoit le renouvellement des mesures prises en 2015, avec l'embargo sur les armes à destination des Houthis et des sanctions contre le chef de la milice chiite, Abdoulmalik al Houthi, et Ahmed Saleh, ex-chef de la Garde républicaine et fils de l'ancien président Saleh, par un gel de leurs avoirs à l'étranger et une interdiction de visas.

L'Iran a toujours nié avoir fourni des armes aux rebelles Houthis.

Une coalition de pays arabes menée par l'Arabie saoudite bombarde le Yémen depuis le printemps 2015 en soutien au gouvernement yéménite.

Depuis le déclenchement de cette intervention, la guerre contre les rebelles Houthis, proches de l'Iran, a fait plus de 10.000 morts, dont une moitié de civils, selon des chiffres de l'Onu.


(Michelle Nichols, Arshad Mohammed, Jean Terzian pour le service français)