Vu du Burkina Faso. Rokia Traoré parvient mystérieusement à quitter la France pour le Mali

Aujourd'hui au Faso (Ouagadougou)
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Vu du Burkina Faso. Rokia Traoré parvient mystérieusement à quitter la France pour le Mali

Sous le coup d’un mandat d’arrêt européen émis par la justice belge, la chanteuse malienne avait en théorie l’interdiction de quitter la France, a indiqué son avocat le 17 mai. Cette fuite ne peut être le résultat que de négociations diplomatiques, estime Aujourd’hui au Faso dans un éditorial.

S’agit-il d’un pied de nez fait à la justice française ou le résultat d’un arrangement juridico-diplomatique ? Nul ne saura le dire avec exactitude, mais le retour de Rokia Traoré à Bamako suscite moult interrogations. Alors que la justice française lui avait interdit de quitter son territoire dans l’attente d’une éventuelle extradition vers la Belgique, comment la chanteuse a-t-elle réussi à rejoindre le Mali via l’aéroport pour VIP du Bourget ?

C’est une mère aux abois qui a peur qu’on lui arrache son enfant, c’est pour ça qu’elle est partie au Mali, où elle habite”, a répondu son avocat, Me Kenneth Feliho [le 17 mai], brandissant l’arme émotionnelle. Mais cela n’apporte pas de réponse conséquente et définitive à ces interrogations.

En possession d’un passeport diplomatique et d’un ordre de mission en bonne et due forme, Rokia Traoré a affirmé avoir quitté le pays d’Emmanuel Macron depuis l’aéroport du Bourget par un vol privé et de “façon régulière”. Pourtant, le mandat d’arrêt émis par la justice belge [pour une affaire liée à la garde de sa fille] entraînait de facto son inscription sur la liste des personnes recherchées et interdites de quitter ce pays sans autorisation.

Négociations souterraines

Ce départ, si l’on s’en tient à la jurisprudence en vogue en France, connue pour sa “rigueur”, n’a pas pu se faire sans l’implication de personnes haut placées dans la sphère décisionnelle. Sans être dans le secret des dieux, on pourrait dire que des négociateurs souterrains ont été mis à contribution pour permettre à l’ambassadrice de bonne volonté du Haut-Commissariat des Nations unies

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