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Volley: Nantes et Levallois visent l’exploit européen contre Novara et Chieri

S’il fallait une preuve que le volley féminin français est dans un cercle vertueux et progresse, il suffit de regarder le programme des coupes d’Europe ce mercredi soir. Avec les Neptune de Nantes en finale retour de la CEV Challenge Cup et les Mariannes de Levallois-Paris-Saint Cloud en demi-finale retour de la CEV Cup, les équipes de clubs tricolores vivent une belle fin d’hiver avant l’été olympique des Bleues. Après avoir poussé Chieri (cinquième du championnat italien) au tie-break, les Parisiennes, deuxièmes de Ligue AF, doivent gagner quelque soit le score pour se qualifier en finale de la CEV (20h au Palais des sports Marcel-Cerdan de Levallois). Conscient d’avoir raté le coche à l’aller, le président Philippe Peters sent les volleyeuses parisiennes mobilisées pour l’exploit. "Il faut savoir que, au départ, nous n’étions pas parties dans le Piémont pour gagner mais pour faire honneur au maillot. Mais l’appétit est venu en mangeant et je me dis que vu la physionomie du match, les Mariannes auraient pu gagner. Si notre pointue revient bien, comme elle l'a fait dernièrement, on sera bien", confie Peters à RMC Sport. Du côté des Parisiennes, la crainte se portera sur un physique émoussé et une profondeur de banc moins grande que le club italien. "On n’a pas doublé tous les postes au niveau pro international, on n’imaginait pas cette épopée. Mais notre banc est jeune et rentre dans la rotation avec Naomie Ngolongolo (21 ans) et Haley Gilfillan, la passeuse Louane Verger (19 ans) et la pointue Cyrielle Depié (17 ans en mai). Elles sont capables de maintenir ou changer la dynamique, si besoin. Le banc aura de l’importance", analyse le président Peters qui voit dans cette demi-finale européenne une étape. "Le volley féminin monte en puissance et mérite plus que ce qu’il a aujourd’hui médiatiquement et économiquement. Je ne serais pas surpris, dans quelques années, si on voit des budgets supérieurs en Ligue AF que chez les hommes. Dans 2-3 ans, on veut être le meilleur club pro et centre de formation pro de France. C’est notre ambition pour tirer le volley féminin vers le haut comme à Nantes, Mulhouse et ailleurs."

La France n'avait plus placé de club féminin en finale européenne depuis 2012

Au même moment, les Neptunes de Nantes devront renverser Novara (3e de Série A) après la défaite 3-0 en Italie. Mais si la défaite est sèche, le score laisse des regrets aux Nantaises et permet de conserver tous les espoirs. "Au match aller, nous menons de 13-10 notamment dans le premier set", raconte la volleyeuse Amandine Giardino à RMC Sport. "Si on gagne cette première manche, ce n’est plus le même match. On a des petits regrets. Mais nous sommes toutes hyper motivées et combatives. Il faudra prendre des risques et jouer le coup à fond. On sait que ce sera dur, surtout si Novara est à son meilleur niveau, mais on y croit." Leader du championnat et qualifié pour les demi-finales de la coupe de France, Nantes réalise une belle saison "mais on n’a encore rien gagné", s’exclame la capitaine nantaise. "Alors les finales c’est bien, les gagner c’est mieux." Derrière ce cri du cœur, la libéro de l’équipe de France sait que le public nantais aura un rôle vital à jouer: "Si elles nous laissent une brèche, on va s’y engouffrer. Alors le public aura un rôle capital. Les 4500 supporters attendus devront nous pousser car une équipe française en finale, c’est historique. On a hâte de vivre cette belle soirée de volley pour nous, pour le public et pour la France. C’est peut-être unique." En effet, depuis 2012, la France n’avait pas placé un club féminin en finale d’une coupe européenne. Le RC Cannes avait été sèchement défait (3-0) en finale de la Ligue des champions par Fenerbahçe. Finaliste malheureuse il y a 12 ans, Victoria Ravva adresse un conseil à ses aïeules: "Les Françaises ne sont pas favorites. Mais même outsiders, on peut déplacer des montagnes", pousse la mythique joueuse cannoise. "Que ce soit Nantes ou Levallois, les Françaises ne doivent nourrir aucun complexe d’infériorité face à ces formations italiennes. Elles ne sont pas invincibles. Il faut aller au combat, saisir la moindre chance et être prêtes mentalement car je ne doute pas qu’elles soient prêtes sportivement et tactiquement." Mercredi, Mariannes et Neptunes ont leur fabuleux destin entre leurs mains.

Article original publié sur RMC Sport