Les voitures autonomes pourraient engendrer une quantité colossale de gaz à effet de serre

Christine Daniloff, MIT

Une étude du MIT s'inquiète du rôle des voitures autonomes dans les émissions mondiales de dioxyde de carbone en raison de la puissance informatique qu'elles exigent.

Imaginons, en 2050, les routes sont remplies de voitures autonomes. Certains experts prévoient plus de sécurité sur les routes, d’autres plus de chaos. Il y a ceux qui modélisent une réduction drastique des embouteillages et ceux qui craignent une aggravation de la congestion des centres-villes. Mais un domaine jusque-là peu étudié vient de faire l’objet d’un travail de deux chercheuses du Massachusetts Institute of Technology (Etats-Unis) : la contribution de ces mêmes véhicules aux émissions de dioxyde de carbone.

C’est la première étude sur ce sujet, parue dans l’édition de janvier-février 2023 de IEEE Micro. "Nous avons développé un modèle permettant de caractériser les émissions dues au fait de faire tourner des ordinateurs dans les véhicules autonomes, explique Soumya Sudhakar, co-auteure de cette recherche. Ces ordinateurs sont alimentés par de l’électricité produite par une combinaison d’énergies fossiles et d’énergies renouvelables." Or, bardés de caméras, de lidar (télédétection par laser), de radars, de réseaux de neurones et autres modèles d’intelligence artificielle, ces voitures s’avèrent avoir une empreinte carbone affolante.

Un milliard de voitures autonomes, autant émettrices de carbone que tous les data centers du monde

Le modèle conçu par l’équipe du MIT se base sur des projections tenant compte de l’évolution de la puissance de calcul des véhicules autonomes, de l’énergie électrique qu’elle demande, du temps moyen de circulation des voitures. Les scénarios partent également du principe que le temps de conduite (exprimé en heures) des véhicules autonomes va augmenter de 14% pour se stabiliser à un peu moins d’une heure entre 2025 et 2050.

Dans la perspective où l’autonomie aura atteint ses niveaux maximum (4 et 5), n’exigeant plus aucune intervention humaine sur les commandes, "la puissance de calcul totale sera comparable voire pourrait dépasser celle actuelle des data centers dans le cas d’une large adoption des véhicules autonomes", écrivent le[...]

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