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Des violons ayant appartenu à des juifs déportés retentissent de nouveau à Paris

Seize violons ayant appartenu à des musiciens juifs déportés pendant l'Holocauste ont été joués lors de deux concerts cette semaine à Paris, par l'orchestre du Palais Royal. Un moyen de redonner vie à leurs anciens propriétaires.

"Un instrument qui n'est pas joué, c'est un instrument qui meurt" explique Catherine Ambach, violoniste au sein de l'orchestre.

"C'est touchant et émouvant de jouer ces violons dont on connaît l'histoire" confie Raphaël Aubrey, violoniste. "Je pense qu'il y a des choses qui restent des prédécesseurs" dans ces instruments ajoute-t-il.

Ces concerts ont été possibles, grâce à Amnon Weinstein, qui vit à Tel Aviv en Israël. Ce luthier a consacré sa vie à retrouver ces instruments ayant appartenu à des juifs, ou des tsiganes disparus pendant la Shoah. Certains portaient encore les stigmates du génocide au moment de leur restauration.

"J'avais détablé un violon comme celui-ci" explique-t-il, montrant un instrument dans son atelier dans la capitale israélienne. "Et il y avait une poudre noire à l'intérieur de tout le violon parce qu'il avait joué près du four crématoire. La poudre noire qui était dans l'air était entrée dans le violon" raconte-t-il.

À ce jour, le luthier a restauré 110 instruments à cordes retrouvés, ou donnés par des descendants de Juifs ou Tsiganes. L'association "Les Violons de l’Espoir" fondée par Amnon Weinstein, leur permet d'être joués par les plus grands orchestres du monde, participant ainsi au devoir de mémoire.