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Violences sexuelles : Nellu Pop, entraîneur de l’équipe de France de gymnastique, visé par une enquête

À la suite d’un signalement, l’entraîneur a été suspendu de ses fonctions par la Fédération française de Gym.

Nellu Pop, entraîneur de l’équipe de France de gymnastique, visé par une enquête pour violences sexuelles (photo d’illustration).

VIOLENCES SEXUELLES - La libération de la parole continue de porter ses fruits dans le sport français. À quatre mois des Jeux olympiques de Paris 2024, Nellu Pop, l’un des trois entraîneurs de l’équipe de France féminine de gymnastique est désormais visé par une enquête pour « agressions sexuelles sur mineurs par personne ayant autorité ». C’est ce qu’a indiqué le parquet de Paris à l’Agence France presse ce vendredi 8 mars.

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Comme l’avait relaté en premier franceinfo, le ministère des Sports avait déjà annoncé il y a deux jours avoir suspendu à titre conservatoire l’entraîneur Nellu Pop, à la suite d’un signalement. La Fédération française de gymnastique (FFGym) avait précisé dans la foulée que l’homme a été suspendu pour des faits supposés de « violences et de maltraitance envers des athlètes », mais sans s’étendre davantage sur les faits dénoncés.

L’enquête désormais ouverte a été confiée à l’Office des mineurs (Ofmin) et porte sur des faits qui auraient été commis sur des adolescents de moins et de plus de 15 ans, a ajouté le parquet, sans en préciser le nombre.

La gymnastique particulièrement concernée par les abus

Les faits reprochés ont été portés à la connaissance du ministère des Sports à l’occasion d’une enquête administrative sur la fédération de gymnastique, lancée en mai 2023 après un reportage de France 2 dans lequel six anciennes gymnastes de l’équipe de France dénonçaient des violences physiques ou psychologiques de la part d’entraîneurs. Les accusations portées contre l’entraîneur ont été « signalées au procureur de la République », avait précisé le ministère.

Dans son communiqué, la Fédération avait assuré qu’elle collaborait « activement avec les autorités compétentes pour assurer la transparence et la rigueur de l’enquête en cours ». « Nous attendons davantage d’informations de la part du ministère afin de prendre des mesures appropriées en accord avec nos principes fondamentaux », avait ajouté l’instance.

Depuis plusieurs années, la gymnastique est secouée dans plusieurs pays par des affaires de violences sexuelles, comme aux États-Unis où l’entraîneur Larry Nassar a été condamné à la prison à perpétuité, ainsi que des faits de maltraitances liées aux entraînements. Certains gymnastes, la plupart du temps des jeunes filles, ont même relaté des privations de nourriture.

En France en mai 2023, le directeur technique du pôle France de Marseille, Vincent Pateau, avait été condamné à six mois de prison avec sursis pour harcèlement moral à l’encontre de sportives mineures qu’il avait entraînées dans cette structure de haut niveau. Le ministère avait alors décidé qu’il ne pourrait plus exercer aucune fonction d’encadrement.

« Nous tenons à condamner fermement les violences sous toutes leurs formes et souligner notre engagement inébranlable envers la protection des gymnastes et le strict respect des normes éthiques pour les 330 000 licenciés de la Fédération », a affirmé la FFGym. « La Fédération reste déterminée à promouvoir un environnement sportif sain, où l’intégrité et le bien-être des sportifs sont des priorités absolues », a-t-elle ajouté.

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