Violences policières, contrôles au faciès: Macron revient sur ses propos polémiques chez les forces de l'ordre

Clément Boutin
·2 min de lecture
Le président français Emmanuel Macron, lors d'une visite dans un centre d'appel de la Sécurité sociale lié au virus Covid-19, le 29 mars 2021, à Créteil près de Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Le président français Emmanuel Macron, lors d'une visite dans un centre d'appel de la Sécurité sociale lié au virus Covid-19, le 29 mars 2021, à Créteil près de Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

En décembre dernier, Emmanuel Macron avait admis, lors d'une interview accordée au média Brut, que les violences policières existent. Il avait tout de même rechigné à utiliser l'expression, "politisé[e]" selon lui par "les blacks blocs et une partie de l'extrême gauche" qui veulent "installer l'idée qu'il y a une violence consubstantielle à la police [...] ce qui n'est pas vrai". Interrogé ce dimanche à ce sujet dans Le Figaro, le chef de l'État est revenu sur ces termes qui avaient suscité la colère des forces de l'ordre.

"J’ai dit et je répète: il n’y a pas de violence systémique de la police, c’est faux ; il n’y a pas de racisme systémique de la police, c’est faux, pas plus qu’il n’y en a dans la gendarmerie ou au sein de l’État. J’ai dit et je répète aussi que le respect suppose l’exemplarité. C’est pourquoi j’ai toujours demandé à nos policiers et nos gendarmes d’être irréprochables dans leurs comportements", a-t-il affirmé.

La police doit être "sans reproche"

Face à "certains syndicats" policiers qui ont voulu "instrumentaliser ce débat", le président de la République a assuré avoir "toujours été très clair: en soutien, non pas simplement dans les mots, mais dans les actes".

Emmanuel Macron souhaite que "la police de la République soit sans reproche". Les forces de l'ordre méritent d'être "défendues" et d'obtenir "la protection fonctionnelle" dès le début d'une procédure qui les met en cause. Mais il faut également tirer "toutes les conséquences disciplinaires quand il y a un rapport à charge" et rendre publics ces rapports, a-t-il affirmé.

"On n'a jamais raison contre le réel"

Lors de son interview pour Brut, le chef de l'Etat avait également reconnu l'existence des contrôles au faciès, soulignant que lorsqu'"on a une couleur de peau qui n’est pas blanche, on est beaucoup plus contrôlé". Auprès du Figaro, il a affirmé qu'"il faut nommer les choses et les regarder en face".

"Vous ne pouvez pas laisser s’installer un face-à-face entre nos forces de sécurité intérieure et une partie de la population. Si dans tous les sondages, toutes les enquêtes de terrain, des jeunes vous disent qu’ils subissent des contrôles au faciès, leur dire: 'non, il n’y en a pas, c’est un sentiment que vous avez', c’est aussi insensé que d’aller expliquer à des gens: 'vous avez peut-être un sentiment d’insécurité mais ce n’est pas une réalité'. On n’a jamais raison contre le réel", a-t-il poursuivi.

Le président de la République a ajouté que "la bonne réponse est la transparence", mettant en avant la plateforme lancée le 12 février qui permet à toute personne de signaler une discrimination qu'elle a subie.

Article original publié sur BFMTV.com