Violences gynécologiques: une nouvelle plainte pour viol déposée contre le professeur Emile Daraï

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L'hôpital Tenon, le 23 septembre 2021 à Paris - THOMAS COEX © 2019 AFP
L'hôpital Tenon, le 23 septembre 2021 à Paris - THOMAS COEX © 2019 AFP

Les voix se délient et les plaintes s'additionnent contre le professeur Emile Daraï, éminent gynécologue de l'hôpital Tenon, à Paris, déjà visé par deux plaintes. Une troisième femme a déposé plainte lundi contre le spécialiste, dénonçant un "viol sur personne vulnérable par personne ayant autorité", annonce Le Parisien.

Les faits dénoncés se sont déroulés au début de l'année 2021. La patiente, une femme de 39 ans, souffre d'une grave forme d'endométriose. Après avoir consulté plusieurs médecins, elle se tourne vers le professeur Emile Daraï, présenté comme l'un des meilleurs spécialistes de cette maladie. L'espoir de cette femme va se transformer en cauchemar.

Larmes et douleur

Cette victime évoque un "déni d'humanité" et une absence d'"empathie" de la part du médecin. Mais la patiente prend sur elle, estimant que le professeur, chef de service à l'hôpital Tenon, est "peut-être le seul à pouvoir" la "sauver". Puis elle décrit des violences, des touchers vaginaux et rectaux sans aucun consentement. Elle décrit ses larmes, ses douleurs pendant la consultation, sans aucune réaction de la part du praticien, mais aussi après ce rendez-vous.

"Mes jambes flagellent (...) À Tenon, il y a une cour intérieure et un jardin. Je me précipite dans une poubelle pour vomir." Les actes du professeur Daraï ont également provoqué une hémorragie.

Une enquête pour "viol" ouverte

Aujourd'hui, elle veut que la justice la reconnaisse comme victime. Le 28 septembre dernier, à la suite d'une première plainte, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour " viol par personne ayant autorité sur mineur de plus de 15 ans". Une autre femme a déposé plainte contre le spécialiste. Une enquête interne est également menée par l'AP-HP, le patron du médecin, qui l'a écarté de ses fonctions de chef de service. Lui conteste toutes les accusations.

"Il faut avoir le courage de prendre des sanctions et le minimum, c'est la suspension du professeur le temps de l'enquête", estime Sonia Bisch, porte-parole de l'association Stop aux violences obstétricales et gynécologiques.

Depuis les premières révélations sur ce médecin, l'association reçoit de nombreux témoignages mettant en cause le professeur Emile Daraï. "Nous en avons près de 150 et les témoignages continuent d'arriver, explique Sonia Bisch. Enfin, l'omerta se brise, aujourd'hui on écoute quand des victimes témoignent, ce n'est pas une libération de la parole, mais une libération des oreilles."

Article original publié sur BFMTV.com

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