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Violences, chantage, bizutages dégradants : scandale dans un peloton de l’armée belge

La ministre de la Défense a annoncé que des mesures disciplinaires avaient été prises contre des membres d’un bataillon de l’armée belge, en attendant les conclusions de l’enquête. Il s’agirait de traitements dégradants, de coups et menaces dans le cadre de bizutages. Mais d’après des informations du “Morgen”, le scandale ne s’arrête pas là.

Ce 14 mars au matin, Ludivine Dedonder, la ministre de la Défense belge, a pris les devants et réuni la presse – qui connaissait déjà, dans les grandes lignes, la teneur des annonces : des faits de violence au sein du 4e bataillon de génie d’Amay, dans l’est du pays. “Nous parlons entre autres de traitements dégradants, de coups et blessures, de chantage, de menaces entre soldats, de pressions exercées par des militaires sur des pairs et d’une obligation de silence sur ces faits”, a expliqué la ministre. “L’omerta prévalait, relève en effet De Standaard, qui souligne que “l’implication d’officier et de sous-officiers ajoute à la gravité de l’affaire.”

Une enquête est en cours au sein de l’armée et au niveau judiciaire, mais des “mesures fortes” ont déjà été prises, a fait savoir Ludivine Dedonder, comme la mise à l’écart de certains éléments et la dissolution d’un peloton. Car tout le bataillon n’est pas concerné, mais entre vingt et trente personnes, d’après De Morgen, dont “cinq au moins auraient été suspendues dans l’attente d’une sanction”. D’après le reporter du journal, ces faits de violence “avaient cours depuis des années”.

Trafic de drogue et d’armes

En attendant les conclusions de l’enquête, “la ministre et le commandement de l’armée ne peuvent pas dire tout ce qu’ils savent de l’ampleur du scandale”, écrit le quotidien flamand, dont les informations lui permettent d’indiquer que “ce qui s’est passé à Amay va bien au-delà de bizutages dégradants”. Il s’agirait aussi de trafic d’armes, de consommation et de trafic de drogue entre les murs de la caserne ainsi que de malversations financières.

Concernant les armes, “des informations indiquent que des militaires auraient profité de leur accès à l’arsenal pour dérober des pièces et munitions, pour ensuite les revendre à des groupes criminels”. Un accès facilité à un arsenal qui rappellera au public belge le cas du militaire d’extrême droite Jürgen Conings, qui avait pris la fuite après avoir dérobé quantité d’armes, et avait ensuite été retrouvé mort dans une forêt. La nouvelle tombe en tout cas fort mal, “à un moment où l’armée cherche à recruter massivement”, note encore De Standaard.

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