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La vie sexuelle de ce marsupial est si intense qu’elle finit en film d’horreur

Cet animal mignon a en réalité une sexualité suicidaire et des tendances cannibales. Photo d’illustration de deux Didelphis Marsupialis photographiés le 28 janvier 2022.
JOAQUIN SARMIENTO / AFP Cet animal mignon a en réalité une sexualité suicidaire et des tendances cannibales. Photo d’illustration de deux Didelphis Marsupialis photographiés le 28 janvier 2022.

SCIENCES - À première vue, c’est un animal très mignon. Et pourtant, le petit marsupial que vous voyez sur la photo en tête de cet article est un véritable cannibale, en plus d’avoir une vie sexuelle au-delà de tout mesure humaine. Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue scientifique CSIRO, des chercheurs ont détaillé son étonnant processus de reproduction. Ces derniers le décrivent tout simplement comme un « suicide collectif ».

La méthode est en effet cruelle. Au départ, tout commence de manière classique, comme le décrit l’étude : « pendant la saison des amours, les mâles et les femelles s’accouplent de façon promiscue ». Les choses viennent ensuite se corser, car ces séances d’accouplement peuvent durer jusqu’à 14 heures. Et cette période des amours dure deux semaines, sans manger, ni dormir, de quoi finir mort de fatigue, littéralement.

C’est en effet cette libido frénétique qui cause le plus régulièrement la mort de l’animal, en particulier chez le mâle qui dispose de testicules surdimensionnés. Le professeur Andrew Baker de l’Université de technologie du Queensland détaille ainsi que cette sexualité suicidaire induit « une mort certaine due au stress pour tous les mâles, car la montée en flèche de la testostérone provoque un afflux incontrôlé de cortisol dans l’organisme, qui atteint des niveaux pathologiques ».

« Les mâles souffrent alors d’hémorragie interne, leurs poils tombent, parfois ils deviennent aveugles. Même dans ce cas, ils peuvent errer à la recherche de femelles avec lesquelles s’accoupler jusqu’à ce qu’ils meurent », décrivait encore le chercheur à l’Agence France Presse en 2021. Et ce n’est pas tout, le cannibalisme arrive ensuite.

Après l’effort, le réconfort ?

Une fois que la plupart des mâles sont morts après cette période intense de reproduction, les survivants, principalement des femelles enceintes donc, se régalent. Ce repas cannibale leur permet de « gagner de l’énergie », décrit le communiqué de presse de l’étude.

Cependant rassurez-vous, il est « très rare d’observer ces comportements dans la nature », précise le professeur Baker. C’est justement pour cette raison que cette nouvelle étude est enthousiasmante. Les chercheurs ont pu cette fois-ci étudier une photo de l’animal à l’œuvre, que vous pouvez voir ci-dessous. Elle a été prise à Point Lookout, dans le parc national de la Nouvelle-Angleterre.

Photo extraite de l’étude « Cannibalisme chez l’antechinus sombre du continent (Antechinus mimetes mimetes) pendant la période de reproduction », publiée  ce mercredi 18 janvier.
Andrew M. Baker Photo extraite de l’étude « Cannibalisme chez l’antechinus sombre du continent (Antechinus mimetes mimetes) pendant la période de reproduction », publiée ce mercredi 18 janvier.

L’animal grignote donc tranquillement son congénère. Selon les chercheurs, cette image est une des « rares preuves sur le terrain d’un cannibalisme opportuniste ». Si la photo ne permet pas clairement d’identifier le sexe des deux animaux, l’étude estime qu’il s’agit de deux mâles, ce qui la rend encore plus glaçante.

« L’antechinus qui s’est nourri de son camarade mort semblait vigoureux et de grande taille, mais son œil droit était endommagé et il avait perdu des poils sur les bras et les épaules, ce qui est associé au déclin induit par le stress chez les mâles. Il était peut-être destiné à devenir le repas de quelqu’un d’autre », décrivent les chercheurs.

Heureusement, le marsupial n’a besoin que de quelques mois pour atteindre la taille adulte. C’est ce qui permet à l’espère de survivre, malgré cette sexualité suicidaire.

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