Vidéo. La face sombre de la frite surgelée en Belgique

RTBF (Bruxelles)
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Des agriculteurs endettés auprès des “barons de la frite”, des employés d’usine exposés à de dangereux accidents du travail et des riverains poussés à bout par les nuisances : si la Belgique est championne de l’exportation de frites surgelées, les pratiques des grands industriels du secteur laissent souvent à désirer. L’enquête de la RTBF.

“Il y a la bière, et puis la frite. Un mets de tradition qui est à la Belgique ce que la baguette est à la France, la pizza à l’Italie”, écrit la RTBF. Dans son émission #Investigation, la chaîne de télévision belge s’est intéressée à cet aliment emblématique outre-Quiévrain, “sur lequel ont su s’appuyer une poignée d’industriels pour ériger le pays au rang de champion du monde de l’exportation de produits surgelés à base de pommes de terre”. Chaque année, ce sont plus de 3 millions de tonnes de ces produits qui sont exportés. Mais “pour atteindre ce montant colossal, les entreprises exercent des pressions sur les producteurs de pommes de terre et sur les travailleurs du secteur”, fait savoir le média.

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En Belgique, les agriculteurs qui cultivent des pommes de terre pour des grands industriels sont soumis à des clauses commerciales très contraignantes. “Prenons un exemple, propose la RTBF. Un patatier doit livrer 200 tonnes de pommes de terre à un industriel. Pour une raison ou pour une autre – par exemple, la météo –, il ne peut en fournir que 150. L’industriel a le droit d’aller acheter ailleurs les 50 tonnes qui manquent et de les facturer à l’agriculteur.”

En 2018, Betty et Guy Godard, un couple de patatiers “n’a pas pu honorer un contrat” en raison d’une sécheresse. Ils ont été attaqués en justice par un industriel, à qui ils doivent désormais 40 000 euros. “On est des esclaves, on est à leur merci”, déplore Mme Godard, tandis que son époux fait valoir : “On n’est pas responsables de

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