Victoire. Un second mandat pour Touadéra, dans une Centrafrique en bien mauvais état

Le Djely (Conakry)
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Faustin-Archange Touadéra, le chef d’État centrafricain sortant, vient d’être proclamé vainqueur de la présidentielle. Mais c’est un pays à genoux, en proie à une nouvelle offensive rebelle, qu’il continue à diriger. Pas de quoi pavoiser, met en garde cet éditorialiste guinéen.

Selon le verdict des élections présidentielle et législatives du 27 décembre 2020 rendu public ce lundi 4 janvier, le président Faustin-Archange Touadéra est réélu dès le premier tour pour un second mandat de 5 ans, après avoir récolté près de 54 % des suffrages. La victoire annoncée par l’Autorité nationale des élections (ANE) – qui reste à confirmer par la Cour constitutionnelle – a donné lieu à des scènes de liesse populaire de la part des partisans du président sortant, notamment dans la capitale Bangui.

Si cette attitude triomphaliste est compréhensible de la part de ses soutiens, il serait toutefois plus sage que le vainqueur lui-même appréhende tout cela avec un peu plus d’humilité. Car au regard du contexte dans lequel se sont tenues les élections et en raison des défis auxquels le pays reste confronté, il serait plus sage d’envisager le prochain mandat sous le prisme des responsabilités que sous celui d’un triomphalisme qui serait quelque peu surfait.

Il est vrai qu’avec un score de 53,92 % des suffrages, Faustin-Archange Touadéra arrive loin devant ses principaux concurrents Anicet-George Dologuélé et Martin Ziguelé, qui ne sont respectivement crédités que de 21,01 % et 7,46 % des suffrages. Mais la proportion que l’ANE alloue au président sortant ne doit guère faire illusion.

Panne de légitimité

Tout d’abord, parce que seule la moitié des bureaux a été prise en compte. En termes de légitimité, ce n’est déjà pas si fameux. Or, il s’y ajoute qu’en raison de l’environnement qui prévalait le jour du scrutin [les groupes rebelles 3R ont lancé une offensive en province, rendant les opérations

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