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Une victoire de Kiev aiderait Biden à briguer un second mandat

La candidature de Joe Biden à sa propre succession suscite un grand intérêt en Ukraine, où le président américain est très populaire du fait de son soutien sans faille à la résistance contre l’invasion russe.

Or, selon certains observateurs ukrainiens, la situation en Ukraine pourrait avoir en retour des répercussions sur la vie politique aux États-Unis. Interrogé sur le site de la chaîne de télévision 24, le politologue Mykola Davydiouk explique en quoi l’évolution de la guerre pourrait influencer la campagne du président sortant.

“Joe Biden est un politicien expérimenté qui a exercé une activité politique pendant cinquante ans, souligne-t-il. Quelqu’un comme lui ne pouvait pas ne pas se présenter à l’élection, vu qu’il a déjà rêvé de ce poste pendant des décennies. Il l’a obtenu, donc, pourquoi devrait-il renoncer à un second mandat présidentiel ?”

“Si, un an ou un an et demi avant l’élection, le président en exercice annonce qu’il ne va pas se représenter, quoi qu’il fasse, plus personne ne va l’écouter, poursuit Davydiouk. Tout le monde se tournera vers son successeur éventuel. Donc, c’est une décision marquante de la part de Biden.”

Une défaite ? “Encore pire que l’Afghanistan”

Dans ce contexte, estime le politologue, la guerre en Ukraine peut aussi bien aider le candidat Biden que lui porter tort. “Si les États-Unis et l’Occident aident l’Ukraine à mener sa contre-offensive avec succès […], cela privera la Russie de la capacité de violer d’autres frontières à l’avenir, et cela posera Biden en super vainqueur.” En revanche, “s’il se présente sans victoire en Ukraine, cela pourrait avoir un effet encore pire que celui de la défaite en Afghanistan”.

“Il est certain, ajoute le politologue, que Biden prêterait alors largement le flanc aux critiques et aux attaques non seulement du côté républicain, mais aussi au sein de son propre parti, les démocrates.”

“Pour l’Ukraine, il est important de comprendre en quoi la démarche de Biden pourrait être utile. Il est clair que Biden n’écarte pas la possibilité d’une guerre avec la Chine pour défendre Taïwan, conclut Davydiouk. Par conséquent, l’Ukraine doit démontrer que tant que la question de l’agression et de la menace nucléaire russes ne sera pas réglée, on ne pourra pas envisager de faire face à la Chine.”

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