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Victoire de Diomaye Faye au Sénégal : la France a-t-elle du souci à se faire ?

Quatre jours après [l’élection à la présidence de la République de Bassirou Diomaye Faye], on n’en finit pas d’être admiratif de la vitalité de la démocratie sénégalaise, qui, une fois de plus, a administré une bonne leçon que beaucoup de pays africains gagneraient à méditer et à assimiler. Certes, les résultats provisoires officiels ne sont pas encore proclamés, à plus forte raison les résultats définitifs, qui doivent être annoncés par le Conseil constitutionnel, mais d’ores et déjà, le vainqueur entre petit à petit dans sa fonction en attendant son investiture officielle.

Bassirou Diomaye Faye, qui vient de troquer sa tenue de prisonnier contre le costume de président, est scruté et ses moindres propos passés à la loupe pour jauger ses premiers pas et voir le chemin qu’il entend emprunter. Si, sur le plan local, il est bien placé pour savoir que les Sénégalais l’attendent particulièrement sur le front social, notamment le chômage des jeunes, l’émigration, le pouvoir d’achat et bien d’autres choses, on s’interroge déjà sur ce que sera sa ligne de conduite en matière de politique étrangère.

D’ores et déjà, il a laissé entendre, concernant la Cedeao, qu’il œuvrerait à consolider les acquis et à corriger les faiblesses de l’instance régionale. Reste à savoir s’il parviendra, comme il l’a promis, à ramener dans la famille Cedeao ses désormais homologues Assimi Goïta [président de la transition au Mali], Ibrahim Traoré [président de la transition au Burkina Faso] et Abdourahamane Tchiani [président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie au Niger], qui ont décidé de façon concertée d’en claquer la porte et qui ont tous dit que leur décision était irrévocable. Il va falloir au nouveau magistrat sénégalais un trésor d’imagination, de persévérance et de persuasion pour les amener à reconsidérer leur position.

Si divorce il y a…

S’il y a également un axe de la politique étrangère qui sera suivi avec attention, c’est bien celui des relations entre la France et le Sénégal. Depuis de longues années, le Pastef [parti des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité] d’Ousmane Sonko n’a jamais fait mystère de sa volonté de refonder la relation franco-sénégalaise, au point d’être qualifié d’antifrançais. Il est vrai qu’il a souvent embouché la même trompette que ceux qui regardent aujourd’hui l’ex-puissance coloniale en chiens de faïence, mais il s’est toujours défendu d’être un antifrançais.

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